Total donne un coup de fouet à sa production pour maximiser ses cash-flows en 2017
Pour la première fois, Total s’engage au-delà de 2015. Le groupe pétrolier prévoit d’atteindre un niveau de production de 3 millions de barils équivalent pétrole par jour en 2017 contre un peu plus de 2,38 millions de barils fin 2011. Christophe de Margerie, le PDG de Total, qui présentait cette nouvelle feuille de route hier devant les investisseurs à Londres, assure qu’environ 70% de la production supplémentaire nécessaire pour passer la barre des 3 millions de barils est déjà en cours ou en phase de développement avec «des niveaux de rentabilité très compétitifs».
Selon les estimations du groupe, avec un cours du pétrole à 100 dollars, et un coût moyen pondéré du capital de 8%, les projets en développement nécessiteront 30 milliards de dollars de capitaux mais rapporteront le double en valeur actuelle nette.
L’atteinte de ce seuil de 3 millions de barils consacrerait la stratégie un peu plus dynamique mise en œuvre par la direction de Total l’an dernier. Entre 2011 et 2015, la production du groupe doit progresser en moyenne de 3% par an, soit 100 points de base de plus que lors des dernières années en moyenne. Il nécessitera aussi une augmentation des investissements.
Sur la période 2012-2014, Total consacrera 20 milliards de dollars dans ses projets, quasiment 10% de plus que lors des deux années précédentes. Une enveloppe qui devrait encore progresser entre 2014 et 2016.
Conséquence, alors que les projets ne commenceront à dégager leurs cash-flows à plein régime qu’après 2015, Total va devoir poursuivre ses cessions d’actifs. Entre 2012 et 2014, le groupe pétrolier compte vendre 15 à 20 milliards de dollars d’actifs pour équilibrer ses investissements et la distribution de dividende (un peu plus de 5,3 milliards d’euros par an). Les 2,8% encore détenus au capital de Sanofi pourraient être placés sur le marché avant la fin de 2012, ce qui ferait déjà rentrer 2,5 milliards d’euros. TIGF, la filiale de transport et de stockage de gaz de Total dans le sud-ouest de la France, pourrait faire partie de la liste d’actifs à céder.
Selon le directeur financier, Patrick de La Chevardière, les cessions incluront aussi des petites participations dans l’amont et l’aval. En revanche, la direction de Total a assuré que les activités de chimie de spécialité faisaient partie du cœur du groupe, alors que celles-ci font régulièrement l’objet de rumeur de cession.
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