Total doit rassurer sur la valeur ajoutée de ses récents achats d’actifs

Le pétrolier tient une journée investisseurs aujourd’hui à Londres. La chute du cours de Bourse reflète les interrogations sur sa stratégie
Bruno de Roulhac

Une journée test pour Total. En réunissant aujourd’hui les investisseurs à Londres, le pétrolier français se devra de les rassurer, tant sur sa stratégie que sur ses objectifs de croissance. Un catalyseur nécessaire à la reprise du titre, en recul de 19% sur un an, alors que son indice sectoriel européen (DJ Stoxx 600 Pétrole et Gaz) ne cède que 9%.

Total a officiellement annoncé vendredi la prochaine fusion de ses activités de raffinage et de pétrochimie, ainsi que la création d’une division pour l’activité de distribution de carburants. Un projet très attendu, évoqué dans la presse et par les syndicats depuis plusieurs semaines. Toutefois, la direction ne devrait pas en dévoiler la teneur aujourd’hui, dans l’attente d’une présentation préalable au comité de groupe européen le 10 octobre prochain. Cette réorganisation se fera «sans plan social et sans licenciement», a confié une source proche de la direction à l’AFP.

Faute de pouvoir en dire davantage sur ce projet majeur, Total devrait expliquer plus largement sa stratégie globale et tenter de convaincre les analystes sceptiques. «Nous avons eu une avalanche de deals au cours des 18 derniers mois, et je pense que le marché est sceptique sur la valeur ajoutée apportée par les nouveaux actifs, pour l’essentiel des projets de longue durée gourmands en capital», note Iain Reid, analyste chez Jefferies. De tels investissements et des craintes sur l’évolution des cash-flows pèseront sur la distribution du groupe, alors que le dividende versé est stable depuis trois ans à 2,28 euros. Ce qui représente toutefois un rendement de 7,4% au cours de vendredi (30,85 euros). Aussi, Jefferies attend-il «une présentation détaillée - avec des priorités claires - qui réponde aux principales questions, notamment sur les besoins en dépenses d’équipement, le rendement des projets, la profitabilité et la croissance».

Le pétrolier sera aussi attendu sur le potentiel des découvertes et des acquisitions annoncées ces dernières semaines. En dépit de ces développements, Total devrait réitérer son objectif de croissance moyenne annuelle de 2% de sa production sur 2010-2015. «Bien que les investisseurs semblent préoccupés par la capacité de Total à atteindre [cet] objectif, nous pensons que la visibilité s’est améliorée, maintenant que certains projets sont entérinés», relève un analyste chez HSBC.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...