Tokyo tire parti de l’élan boursier pour alléger sa part au capital de Japan Tobacco
La chute du yen, qui a touché hier un plus bas de 33 mois à 94,77 pour un dollar sur fond de pourparlers de succession à la tête de la Banque du Japon, fait depuis quelques mois le bonheur des valeurs exportatrices de la Bourse de Tokyo. Hier, l’Etat japonais a décidé que le moment était venu de tirer parti de ce contexte en annonçant une vente massive de titres du cigarettier Japan Tobacco, dont le cours a bondi d’un tiers environ depuis mi-novembre et qui a relevé le mois dernier ses objectifs annuels à fin mars. L’indice Nikkei affichait de son côté, hier en clôture, un plus haut depuis quatre ans et demi.
L’opération de désengagement partiel des pouvoirs publics était prévue de longue date, mais retardée dans l’attente d’un environnement boursier favorable. Hier, le ministère des Finances nippon a indiqué qu’il vendra le mois prochain, dans le sillage de la détermination du prix de l’offre, probablement entre le 11 et le 13 mars, environ 16,7% du capital, ramenant ainsi sa participation de la moitié à un tiers. Le gouvernement a indiqué que cette manne serait consacrée à la reconstruction des zones dévastées par le tremblement de terre et le tsunami de mars 2011, des événements qui avaient justement entraîné une évolution législative permettant à l’Etat d’abaisser sa part à un tiers du capital. Dans le même cadre de financement de la reconstruction, l’Etat songe à introduire en Bourse la Poste japonaise, principale institution d’épargne de l’Archipel.
En clôture hier, les 333,33 millions d’actions concernées par la prochaine vente étaient valorisées à 967 milliards de yens, l’équivalent de 7,78 milliards d’euros. Une opération réalisée sous la houlette de banques déjà sélectionnées l’an passé, à savoir JPMorgan, Daiwa Securities, Goldman Sachs et Mizuho Securities. Bloomberg souligne qu’il s’agit de la plus importante offre publique à Tokyo depuis l’entrée en Bourse de l’assureur Dai-Ichi il y a trois ans. Japan Tobacco a de son côté précisé hier qu’il souhaitait préalablement racheter, entre le 27 février et le 8 mars, pas moins de 250 milliards de yens de ses propres titres, afin d’«améliorer l’efficacité de son capital et réduire l’impact de la mise sur le marché» par le ministère des Finances. L’analyste Mikihiko Yamato chez JI Asia estime néanmoins que la hausse constatée des volumes devrait permettre au marché d’absorber sans peine l’opération.
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