Theolia va plus que doubler ses ventes d’électricité pour compte propre

Le producteur d’énergie éolienne rachète l’allemand Breeze Two Energy pour 35,5 millions d’euros. Il finance l’opération par un crédit vendeur
Yves-Marc Le Reour

Après avoir frôlé la faillite fin 2009, Theolia entend accroître le levier opérationnel découlant de son recentrage sur la vente d’électricité pour compte propre qui lui procure des revenus récurrents. Le producteur d’énergie éolienne a ainsi annoncé le rachat pour 35,5 millions d’euros de Breeze Two Energy, société allemande en commandite qui détient et exploite des parcs éoliens principalement situés outre-Rhin, avec une présence complémentaire en France. Cette acquisition fera passer de 297 MW à 634 MW la capacité électrique installée de Theolia exploitée pour compte propre, tandis que sa capacité totale gérée atteindra 1.266 MW.

Finalisée «dans les prochains jours», la transaction prévoit que la société luxembourgeoise BGE Investment, véhicule d’investissement ad hoc contrôlé à 100% par Theolia, prenne le contrôle de sa cible en rachetant 70% d’une ligne obligataire (dette junior) émise en 2006 par l’entreprise allemande pour développer ses parcs éoliens. Fady Khallouf, directeur général de Theolia, sera également nommé directeur général de Breeze Two, associé commandité de Breeze Two Energy.

Theolia financera la quasi-totalité du rachat «par un crédit-vendeur de 34 millions d’euros, dont l’échéance est 2026», le reste étant payé en cash. Bien que ce crédit-vendeur, contracté par BGE Investment, soit sans recours sur la maison mère, le groupe français garantira une partie de cette dette «en fonction du niveau des cash-flows dégagés par Breeze Two Energy», dont la valeur d’entreprise est d’environ 309 millions d’euros et qui sera consolidé par intégration globale dans les comptes de Theolia. Celui-ci affichait à fin juin 2012 une dette financière nette de 239 millions d’euros.

«Cette opération préfigure pour Theolia la possibilité de poursuivre son développement organique mais aussi externe. Nous avons aujourd’hui une approche réelle de création de synergies opérationnelles, nous ne sommes plus dans la fuite en avant où les acquisitions n'étaient pas intégrées opérationnellement», commente Fady Khallouf sans chiffrer à ce stade le montant des synergies attendues. Après une hausse de 6,5% de l’action hier à 1,65 euro (+24% depuis le début de l’année), la capitalisation boursière du groupe français atteint 107 millions d’euros.

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