Theolia réduit une partie du risque financier lié à ses «Oceane»

En signant un contrat de swap avec Credit Suisse, le groupe de centrales éoliennes pourra économiser 12,4 millions d’euros sur l’option de vente des titres
Olivier Pinaud

Theolia s’active pour réduire sa dette à bon prix et économiser sa trésorerie. Le développeur et exploitant de centrales éoliennes a annoncé hier la mise en place auprès de Credit Suisse d’un «mécanisme de gestion dynamique de sa trésorerie adossé à un contrat de swap relatif à ses «Oceane"». L’usage de ce système optionnel doit en réalité permettre à Theolia de racheter indirectement une partie de sa dette alors que, comme le rappelle une source financière, «celle-ci se traite à des niveaux de décote très élevés, avec un rendement implicite de l’ordre de 30%». Une intervention directe de Theolia sur le marché de ses propres «Oceane» n’était pas possible d’un point de vue réglementaire.

Le principal avantage de l’opération vise à réduire la facture potentielle liée à l’option de vente (put) dont disposent les obligataires au 1er janvier 2015. A cette date, les porteurs des obligations convertibles et/ou échangeables en actions nouvelles pourront en effet demander le rachat de leurs titres par la société au prix de 15,29 euros par Oceane. Or, il est probable qu’ils exercent tous leur option de vente plutôt que de se retrouver sans aucune porte de sortie avant 2041. Etant donné qu’il reste encore un peu plus de 8,4 millions d’«Oceane» en circulation, le put fait peser un coût potentiel pour Theolia de 128 millions d’euros.

Selon le contrat conclu avec Credit Suisse pour une durée de 6 mois, et en échange d’une rémunération basée sur l’Euribor augmenté d’une marge, la banque achètera pour son propre compte jusqu’à 1,15 million d’«Oceane» pour un montant total maximum de 13,225 millions d’euros, soit 11,5 euros par titre contre un cours de 9,51 euros hier. En supposant que ces obligations soient ensuite converties en actions, compte tenu du cours de Bourse actuel (0,8 euro) de Theolia et du ratio de conversion (8,64 actions pour 1 Oceane), Credit Suisse pourrait alors récupérer un peu moins de 7 euros sur le marché. Résultat, Theolia paiera seulement 4,5 euros par Oceane concernée pour éradiquer un risque potentiel de 15,29 euros au 1er janvier 2015.

Au total, en supposant que les «Oceane» rachetées par Credit Suisse soient toutes converties, l’économie pourrait atteindre 12,4 millions d’euros pour Theolia. Un bol d’air bienvenu alors que la trésorerie réellement disponible de Theolia s’élevait au 31 décembre 2011 à 48,1 millions d’euros.

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