Thales pense avoir mis la main sur une pépite dans le big data
Le groupe paie un prix relativement élevé pour s’emparer de la société américaine Guavus, spécialisée dans l’analyse des données en temps réel.
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Olivier Pinaud
Le prix annoncé, 215 millions de dollars (198 millions d’euros) maximum, pour 30 millions de dollars de chiffre d’affaires attendu en 2017, soit un multiple de 7 fois, a de quoi surprendre. Vendredi, la direction de Thales s’est d’ailleurs efforcée d’expliquer aux analystes pourquoi le groupe de défense et d'électronique engage une telle somme pour s’emparer de la société américaine de Guavus, spécialisée dans le traitement et l’analyse des mégadonnées (big data).
Pascal Bouchiat, le directeur financier de Thales, a indiqué lors d’une conférence avec les analystes que le prix que paiera Thales au bout du compte sera «bien en deçà» du plafond théorique de 215 millions de dollars. La somme est soumise à l’atteinte d’objectifs de croissance de chiffre d’affaires significatifs, a rappelé le directeur financier. Dans le temps, sans que Thales précise l’horizon, le multiple s’établira entre 2,5 et 4 fois le chiffre d’affaires, a précisé Pascal Bouchiat, soit un prix d’acquisition réel qui oscillera entre 75 et 120 millions de dollars.
Le directeur financier a également souligné que ce montant ne tient pas compte des dépenses de R&D que Thales économise en mettant la main sur la technologie de Guavus. Sur les 250 employés de la société californienne, les deux tiers sont dans la R&D. «L’intérêt évident de cette acquisition est de développer le big data sur nos marchés, mais elle ne sera pas transformante pour Thales», a ajouté le directeur financier. Elle n’aura pas d’effet négatif significatif sur le résultat d’exploitation du groupe en 2017.
Créée en 2006, Guavus est aujourd’hui essentiellement présente auprès des opérateurs de télécoms nord-américains, son fondateur venant des laboratoires de l’opérateur Sprint. 16 de ses 20 premiers clients sont dans les télécoms ou le câble. Mais Thales estime que la technologie de Guavus est suffisamment mûre et éprouvée pour servir dans ses cinq secteurs d’activité (transport aérien, ferroviaire, espace, défense et sécurité). Des tests ont été réalisés pour s’assurer que la plate-forme de Guavus est bien transposable aux outils de Thales. Le groupe table sur une hausse moyenne en rythme annuel de 15% à 20% du chiffre d’affaires de Guavus et compte amener sa marge opérationnelle au niveau de celle du reste du groupe en 2020, a indiqué Pascal Bouchiat. L’acquisition devrait être finalisée dans le courant du troisième trimestre.
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