Thales met la main sur Gemalto
Un acteur majeur de la sécurité numérique est sur le point de voir le jour en France. En mettant la main sur Gemalto, Thales ambitionne de devenir une référence mondiale sur ce marché promis à une forte croissance. Les deux groupes ont annoncé hier matin un accord de rapprochement soutenu par leurs conseils d’administration, Thales proposant 51 euros en numéraire par action Gemalto, soit une prime de 57% par rapport au cours au 8 décembre dernier. La valorisation de Gemalto ressort ainsi à 5,6 milliards d’euros, dont 800 millions d’euros de dette, ce qui en fait la principale opération dans le secteur technologique européen cette année. Le financement de l’opération sera assuré via la trésorerie disponible et un crédit bancaire de 4 milliards d’euros. Atos, qui avait vu son offre de 46 euros par actions rejetée mercredi dernier par le groupe néerlandais, a annoncé dimanche soir renoncer à surenchérir.
L’avenir des cartes à puce en question
Thales insiste sur la complémentarité des technologies développées par les deux groupes, avec des applications allant de l’utilisation du cloud sur le champ de bataille à la gestion des drones dans le trafic aérien. Le groupe français, qui espère boucler l’opération au second semestre 2018, souhaite intégrer ses actifs digitaux au sein de Gemalto, qui deviendra son pôle mondial de sécurité digitale avec 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit environ 20% des ventes du nouvel ensemble. Philippe Vallée, l’actuel dirigeant de Gemalto, conservera son poste au sein de la nouvelle structure. Le groupe français s’attend à une relution du bénéfice net ajusté par action entre 15% et 20% dès la première année, avant prise en compte des synergies, estimées entre 100 et 150 millions d’euros en termes de coûts en 2021.
En revanche les deux groupes sont restés muets sur la question de l’avenir de la division cartes à puce de Gemalto, alors que les deux principales activités du groupe, dans les cartes SIM et les cartes bancaires, connaissent des difficultés importantes depuis plusieurs mois. Un autre point pourrait potentiellement compliquer l’opération. Avec plus de 26% du capital, l’Etat français est le premier actionnaire de Thales, ce qui pourrait soulever des objections côté américain notamment, où le puissant CFIUS aura à donner son aval à la transaction, Gemalto étant très présent dans le secteur de la sécurité outre-Atlantique.
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