Texas Instruments s’invite en force au bal de la croissance externe

Le groupe américain a lancé une offre amicale de 6,5 milliards de dollars sur National Semiconductor, correspondant à une prime de près de 80%
Benoît Menou

Une opération de fusions-acquisitions de plus. Texas Instruments n’a pas lésiné hier soir à New York pour séduire les actionnaires de son concurrent et compatriote américain National Semiconductor. Le groupe texan a en effet annoncé une offre de rachat amicale en numéraire de quelque 6,5 milliards de dollars, s’engageant de la sorte dans la plus importante acquisition de son histoire. A raison de 25 dollars par titre de la cible, Texas Instruments offre une prime de 78% aux actionnaires du fabricant de puces analogiques.

Dans des échanges d’après-Bourse, le titre de ce dernier a logiquement bondi, de 73%, après avoir cédé 1,12% en séance régulière.

L’opération constitue un rapprochement de deux des principaux acteurs du segment de puces analogiques, que l’on trouve dans toute une série de produits, allant des téléphones portables aux équipements industriels. L’opération, approuvée à l’unanimité par les conseils des deux groupes, devrait être finalisée d’ici six à neuf mois selon ses initiateurs.

«A première vue, c’est pertinent du point de vue stratégique pour Texas Instruments. Le groupe s’est concentré sur les puces analogiques et c’est une acquisition complémentaire au vu de la voie tracée par le groupe», a estimé Keith Wirtz, chargé des investissements chez Fifth Third Asset Management. Bon nombre d’analystes pourtant se disent surpris de cette opération, rappelant que Texas Instruments, sous la houlette de son directeur général Rich Templeton, avait dit par le passé qu’il n'était pas intéressé par de grosses acquisitions et que le groupe avait surtout misé sur la croissance organique. Les experts s’interrogent également sur le prix, attendant de Texas Instruments des explications sur l’importante prime consentie. Aux yeux de l’analyste Vijay Rakesh chez Sterne Agee & Leach, l’offensive laisse voir une grande confiance de la part du prédateur dans les perspectives de développement des semi-conducteurs. Bloomberg souligne tout de même que la prime versée est plus de quatre fois plus élevée que celle consenties pour les 196 opérations recensées dans le secteur au cours des douze derniers mois, pour un montant moyen publié de 130 millions de dollars.

Bloomberg rapporte par ailleurs de source proche que Morgan Stanley, conseiller financier de Texas Instruments, a convenu de financer une part de la transaction par l’intermédiaire d’un prêt relais de 2,5 milliards de dollars.

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