Tesco réduit ses investissements et coupe le dividende pour rebondir
Tesco se met en ordre de marche pour redresser la barre. Dave Lewis, directeur général du distributeur britannique depuis début septembre, a fixé hier trois priorités. D’une part, retrouver une compétitivité au Royaume-Uni, premier marché du groupe, où il réalise les deux tiers de son résultat opérationnel. Le pays sera dirigé à compter du 1er juin prochain par Matt Davies, actuel patron de Halfords, distributeurs de pièces détachées automobiles. La division devra réaliser 250 millions de livres d’économies annuelles pour un coût de mise en œuvre de 300 millions.
Alors que 43 magasins non rentables seront fermés, les prix des marques préférées des anglais seront réduits.
D’autre part, Tesco renforcera son bilan en réduisant drastiquement les investissements à 1 milliard de livres sur l’exercice 2015-2016, contre 2,1 milliards pour l’exercice en cours; en cédant le service de vidéos à la demande, Blinkbox, déficitaire, et Tesco Broadband au groupe de télécoms TalkTalk. Le groupe va aussi évaluer les options stratégiques pour Dunnhumby, filiale de services de connaissance clients, valorisée 2 à 3 milliards de livres par les experts. Enfin, il ne versera pas de dividende final pour 2014-2015.
La troisième mesure vise à renouer avec la transparence et retrouver la confiance avec ses partenaires, notamment en révisant le cadre des relations avec ses fournisseurs.
«Nous attendions de Tesco qu’il réduise son endettement brut d’au-moins 2,5 milliards de livres pour espérer conserver une notation ‘investment grade’, note l’analyse crédit d’Aurel BGC. Il lui faudra donc plusieurs trimestres pour atteindre cet objectif sur la base des mesures annoncées». Sauf à envisager d’autres cessions, comme ses actifs asiatiques estimés à près de 10 milliards de livres. Sans plus attendre, Moody’s a rétrogradé hier soir d’un cran (de Baa3 à Ba1) la note de Tesco qui passe ainsi en catégorie spéculative.
Sur les six semaines des ventes de Noël, le chiffre d’affaires a reculé de 0,6% en comparable et hors essence, après une baisse de 3,8% au troisième trimestre, de 4,8% au deuxième et de 3,2% au premier. L’Europe continentale a renoué avec la croissance (+1%), tandis que les ventes cédaient seulement 0,3% en Grande-Bretagne. «Notre performance récente nous porte à croire que lorsque nous unissons nos efforts et mettons le client au centre, nous pouvons réaliser de bons résultats», a expliqué Dave Lewis.
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