Tesco peine à convaincre le marché avec son plan pour le Royaume-Uni
A l’occasion de ses résultats annuels, sortis en ligne avec les attentes après l’avertissement du mois de janvier, Tesco a dévoilé son plan pour redresser son activité au Royaume-Uni, où il se fait grignoter des parts de marché.
Tesco consacrera 1 milliard de livres (1,2 milliard d’euros) à ce programme concentré autour de six axes de transformation. Le groupe se focalisera sur le personnel, avec le recrutement de 8.000 collaborateurs; sur une nouvelle politique de prix; sur une amélioration de l’assortiment de produits et du marketing; sur un développement de la stratégie multicanal, dont 150 millions de livres d’investissements pour son offre en ligne; et sur la rénovation de plus de 25% des magasins britanniques, soit 430 unités. Les nouveaux magasins, plus petits, seront davantage focalisés sur l’alimentaire. Mais le distributeur britannique va réduire de 38% l’ouverture de nouvelles surfaces en 2012/2013 par rapport à l’an dernier.
L’an dernier, Tesco a réalisé 65% de son chiffre d’affaires (hors taxes) et 66% de son résultat opérationnel courant (trading profit) sur son marché domestique. Or, l’activité s’est dégradée tout au long de l’exercice, avec une baisse de 1,6% du chiffre d’affaires (hors essence, en comparable) au quatrième trimestre, après un recul de 0,5% au premier semestre. Sur l’exercice clos fin février, la marge opérationnelle au Royaume-Uni a reculé de 35 points de base (pb) à 5,79%.
«Le titre [-2,21 % à 321,05 pence hier] est correctement valorisé à ces niveaux au regard de la dégradation des conditions économiques tant au Royaume-Uni qu’en Europe et de la faible visibilité sur l’efficacité des actions entreprises par le groupe sur son marché domestique», note Aurel BGC. Pour sa part, Natixis reste prudent sur la valeur, s’interrogeant sur «la capacité de Tesco à relancer rapidement ses activités au Royaume-Uni». D’autant que les investissements engagés devraient peser sur la rentabilité à court terme. Aurel BGC anticipe une baisse de 20 pb de la marge du groupe en 2012, après un repli de 30 pb l’an dernier à 5,77%.
Cette année, Tesco va réduire ses investissements à 3,3 milliards de livres, et désormais y consacrera moins de 5% de ses ventes. Le groupe doit également faire face aux pertes de sa filiale américaine, Fresh & Easy, qui n’atteindra pas le point mort à la fin de l’exercice comme prévu initialement.
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