Tepco semble finalement se résigner à une nationalisation forcée
Après des mois de tergiversations,Tepco pourrait finalement se résigner à passer sous pavillon étatique. Le cours du titre de Tokyo Electric Power s’est envolé de 12% en séance à la Bourse de Tokyo à 227 yens suite à un rapport qui indique que le gouvernement japonais pourrait injecter quelque 1.000 milliards de yens (10 milliards d’euros) dans l’opérateur de la centrale de Fukushima, soit les deux tiers de son capital, pour éviter sa mise en faillite. Une injection qui reviendrait à nationaliser le groupe dont le cours de l’action a plongé de 90% et sa valeur de marché fondu de 40 milliards de dollars depuis le séisme et le tsunami du 11 mars dernier. «Les dirigeants de Tepco ont probablement fini par se rendre à l’évidence que la société ne pouvait pas continuer sans accepter une injection de capital de la part du gouvernement» indique Takashi Aoki, gérant chez Mizuho Asset Management à Tokyo.
Le Nikkei rapporte aujourd’hui que le fonds de compensation mis en place par le gouvernement pour gérer les conséquences de l’accident atomique pourrait injecter 1.000 milliards de yens d’ici mars 2013 dans l’opérateur nucléaire. Un financement exceptionnel qui proviendrait de titres émis par l’Etat japonais et de contributions d’autres compagnies détenant des installations nucléaires dans le pays. De plus, les banques offriraient également 1.000 autres milliards dès juin prochain sous forme de prêts à Tepco et 1.000 supplémentaires au fonds de compensation.
Tepco s’était jusqu’à présent montré hostile à toute injection massive de l’Etat. «Si le gouvernement possède une participation de deux tiers dans la société, il aura le droit de contrôler la gestion de décisions stratégiques» explique un banquier de la place. Or, le ministre de l’économie, Yukio Edano, a plaidé dans un entretien accordé au Financial Times pour une libéralisation du marché de l’électricité. «Le plus important est de mettre un niveau de concurrence approprié dans le secteur de l’électricité».
Cependant, l’augmentation des tarifs du courant pour les entreprises de 18% en moyenne annoncée par Tepco aurait levé certaines réticences des banques qui posaient trois conditions préalables à leur participation au financement du sauvetage de Tepco : l’acceptation de fonds publics, une augmentation de 10% des tarifs de l'électricité et le redémarrage de réacteurs nucléaires.
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