Tepco aura du mal à éviter une prise de contrôle par le gouvernement nippon

Le groupe demande 6,8 milliards d’euros d’aide publique supplémentaire pour l’aider à payer les dédommagements de la catastrophe de Fukushima
Yves-Marc Le Réour

La dernière requête de l’électricien japonais Tokyo Electric Power (Tepco) devrait accélérer sa tombée dans le giron de l’Etat. Alors que le gouvernement nippon lui avait déjà procuré en novembre 890 milliards de yens (8,75 milliards d’euros) par le biais d’un fonds de renflouement, le groupe a demandé hier près de 690 milliards de yens supplémentaires (6,8 milliards d’euros) pour dédommager les victimes de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Cette requête fait suite à une révision en hausse du montant des dédommagements à payer d’ici à mars 2013, qui devraient atteindre 1.700 milliards de yens au lieu des 1.010 milliards auparavant calculés.

En réponse, le ministre japonais du Commerce et de l’Industrie, Yukio Edano, a déclaré qu’il souhaitait que Tepco envisage, entre autres possibilités, «une prise de contrôle temporaire par l’Etat», sans préciser si cette décision serait accompagnée d’une injection de fonds publics. Les médias japonais divergent sur l’ampleur du renflouement nécessaire pour l'énergéticien, dont les finances sont pénalisées par la sécurisation de sa centrale et par les dommages à verser aux victimes. Le coût total du sauvetage varie selon les sources de 2.000 à 4.500 milliards de yens sur quatre ans.

«Les options sont encore en discussion, rien n’a été décidé», a déclaré Osamu Yokokura, porte-parole de Tepco, en indiquant que cette solution pourrait permettre au groupe d’éviter la faillite. Si l’évolution de la situation ne milite pas en faveur de l’opérateur, le rapport d’enquête préliminaire publié avant-hier sous la houlette de Yotaro Hatamura, professeur d’ingénierie à l’université de Tokyo, réserve ses critiques les plus vives à l’agence de supervision nucléaire Nisa dont tous les responsables avaient quitté la centrale trois jours après le séisme et le tsunami du 11 mars.

Outre un flou persistant sur les informations données au public par le gouvernement nippon, des problèmes logistiques et de communication en son sein ont par ailleurs «retardé le recours à un système d’alerte permettant de prédire le niveau de radioactivité» en cas de dégradation des enceintes de confinement. Le rapport estime enfin que Tepco était insuffisamment préparé à une catastrophe de cette ampleur dont la probabilité avait été jugée très faible.

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