Telstra doit revoir sa copie concernant la séparation de son réseau fixe
Telstra se voit contraint de modifier le projet de séparation de son réseau de téléphonie fixe sur lequel il s’était mis d’accord avec le gouvernement australien en juin dernier. Cet accord prévoyait que l’opérateur cède le contrôle du seul réseau longue distance en cuivre du pays d’ici à juillet 2018 en échange d’une compensation financière de 11 milliards de dollars australiens (8,1 milliards d’euros), afin de permettre le déploiement d’un réseau national à haut débit («National Broadband Network» ou NBN) qui devrait coûter 36 milliards de dollars.
L’autorité antitrust australienne (ACCC) a estimé hier que Telstra doit encore faire preuve d’un «engagement clair et effectif» afin d’assurer à la concurrence un accès équitable à son réseau de cuivre lors de la phase transitoire préalable à la migration des services sur le NBN. Elle fixe également à l’opérateur des limites concernant l’utilisation de son réseau câblé pour fournir des services alternatifs à ceux du NBN.
L’objectif est de raccorder à ce réseau 93% de la population australienne dans un délai de sept ans, les 7% restants étant desservis par des connexions mobiles et satellites. En pratique, cette séparation implique que Telstra ne pourra plus à terme fournir de services en gros de voix et de données aux autres opérateurs. Ces derniers se déconnecteront «à leur initiative» du réseau de cuivre de l’opérateur historique pour se raccorder au NBN.
«Telstra va devoir répondre aux préoccupations de l’ACCC avant de soumettre un nouveau projet de séparation structurelle de son réseau fixe qui soit acceptable», a indiqué hier l’organisme de supervision. Contrairement à la séparation opérationnelle, la séparation structurelle d’activités dans le secteur des télécoms en Australie fait l’objet de décisions directement applicables par l’ACCC. L’autorité a donc le droit d’imposer des solutions destinées à pallier les manquements qu’elle a dénoncés.
Telstra a réagi en estimant que «ces problèmes peuvent être résolus tout en protégeant nos principes de création de valeur pour les actionnaires». L’opérateur ne devra pas trop tarder à amender son projet car il est prévu que celui-ci soit soumis au vote de ses actionnaires lors de l’assemblée générale du 18 octobre prochain. L’action a clôturé hier en repli de 2,6% à 2,99 dollars australiens à la Bourse de Sydney.
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