Telefonica veut profiter de la vague de la dette hybride
Après le succès des récentes émissions hybrides d’Enel ou de Volkswagen, Telefonica s’apprête à allonger la liste des entreprises ayant eu recours à ces instruments financiers pour améliorer son profil de dette. Ces titres offrent la possibilité aux sociétés d’emprunter sans mettre trop en danger leur note de crédit, les agences de notation comptabilisant la moitié du montant émis dans les fonds propres. Ils sont donc tout indiqués pour l’opérateur espagnol qui s’est engagé à réduire son endettement net à moins de 47 milliards d’euros à fin 2013.
L’opérateur télécoms a ouvert ses livres pour placer auprès des investisseurs 1,75 milliard d’euros grâce à cette dette subordonnée, selon Bloomberg qui se réfère à une source proche du dossier. Cette émission, qui sera effectuée par sa filiale Telefonica Europe, comporterait une première tranche d’un montant de 1,12 milliard d’euros remboursable à partir de septembre 2018, qui offrirait un coupon de 6,5%. La seconde tranche de 625 millions d’euros serait émise à 7,6%, avec une première date de rachat en septembre 2021. L’opération contribuerait à financer la prise de contrôle de l’opérateur mobile E-Plus, filiale allemande de KPN, pour 8,55 milliards d’euros au total, dont 5 milliards payés en numéraire.
Compte tenu d’une structure de bilan un peu moins tendue grâce aux cessions d’actifs effectuées depuis le début de cette année, Telefonica pourrait également avancer ses pions en Italie. Il serait ainsi disposé à augmenter sa participation indirecte de 10,5% dans Telecom Italia, rapporte Reuters de source proche du dossier. Il devra néanmoins trouver le montage adéquat lui permettant de reprendre les parts détenues par Mediobanca, Intesa Sanpaolo et Generali, susceptibles de céder leur participation fin septembre, sans voir sa note de crédit abaissée par les agences de notation.
Les levées de fonds réalisées par des entreprises non financières via des titres hybrides ont atteint un montant record de 23,5 milliards d’euros en Europe depuis le 1er janvier 2013, selon Bloomberg. Mais ce segment de marché est resté pendant près de sept ans fermé aux sociétés originaires des pays «périphériques» de la zone euro. Telefonica deviendra la quatrième entreprise d’Europe du Sud à émettre des obligations hybrides cette année, Iberdrola ayant été la première à sauter le pas fin février.
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