Telefonica se démène en Allemagne pour convaincre la Commission européenne

Bruxelles doit se prononcer d’ici le 10 juillet sur le rachat d’E-Plus, une décision vivement attendue, particulièrement en France
Benoît Menou
Telefonica se démène en Allemagne pour convaincre la Commission européenne - Photo : Bloomberg
Telefonica se démène en Allemagne pour convaincre la Commission européenne - Photo : Bloomberg  - 

Telefonica continue de remuer ciel et terre pour tenter de convaincre la Commission européenne d’approuver le rachat pour 8,6 milliards d’euros de la filiale allemande de l’opérateur néerlandais KPN, E-Plus. Il s’agit pour Bruxelles, qui doit finalement se prononcer d’ici au 10 juillet, de valider les conditions du respect de la libre concurrence au bénéfice du consommateur à l’issue de l’union souhaitée entre les numéros 3 et 4 de la téléphonie mobile locale (avec chacun une part de marché de 13%). Bloomberg rapportait vendredi que la Commission pourrait bien sortir du bois en juin, la semaine suivant le vote visant l’opération par un panel de régulateurs nationaux et qui serait prévu le 18 juin.

Dans son indispensable course aux concessions, Telefonica a quoi qu’il en soit, toujours selon Bloomberg, subi un fâcheux contretemps. L’opérateur de réseau mobile virtuel (MVNO) United Internet, opérant sous l’enseigne 1&1, a en effet rompu les pourparlers destinés à lui garantir l’accès à une part du réseau de Telefonica en raison d’un double jeu prétendu de la part de l’opérateur espagnol. Ce dernier négocierait ainsi désormais avec un groupe de trois autres opérateurs virtuels (Freenet, Drillisch et Unitymedia) auxquels il pourrait concéder jusqu’à 7% de la capacité de son réseau. Commissaire européen à la concurrence, Joaquin Almunia a assuré vendredi que les opérateurs virtuels, qui occupent 20% du marché en Allemagne (davantage que dans les pays voisins), étaient susceptibles de garantir une juste concurrence, en fonction des modalités d’accord avec les opérateurs de réseaux.

La décision de Bruxelles en Allemagne aura valeur de test pour d’autres marchés, particulièrement français, alors que la consolidation des télécoms sur le Vieux continent «n’en est sans doute qu’à ses débuts» aux yeux d’Edmond de Rothschild AM. Si la Commission a déjà autorisé le passage de 4 à 3 opérateurs de réseaux mobiles en Autriche et le mois dernier en Irlande, le cas allemand précisera plus clairement la doctrine de Bruxelles du fait de la taille du marché concerné.

Credit Suisse, qui souligne l’impérieuse nécessité pour Telefonica de parvenir à boucler l’opération, sa filiale locale perdant du terrain alors qu’E-Plus va de l’avant, veut croire à une attitude «moins agressive» de la Commission en Allemagne qu’en Irlande du fait d’un marché plus équilibré.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...