Telefonica s’allège chez Telecom Italia grâce à des obligations remboursables
Telefonica engage son retrait du capital de Telecom Italia. La dissolution le mois dernier du pacte d’actionnaires que l’opérateur espagnol avait noué avec Mediobanca, Generali et Intesa Sanpaolo, à travers la holding Telco, rendait une évolution inéluctable. En plaçant hier 750 millions d’euros d’obligations remboursables en actions (ORA) Telecom Italia dans 3 ans, Telefonica s’est mis en mesure de se délester de 6,5% du capital du groupe italien. Ce qui ramènerait sa participation entre 8,3% et 9,4% en fonction du prix de conversion.
«Telefonica voulait s’alléger, mais ne détient pas encore directement les actions Telecom Italia, qui sont toujours logées dans Telco. Une émission d’ORA faisait donc du sens», indique Bruno Magnouat, responsable de l’origination equity linked à la Société Générale, qui a dirigé le placement des titres aux côtés de HSBC et JPMorgan. Les instruments paieront un coupon de 6%, dans le haut de la fourchette de 5,25% à 6% proposée. Ils seront échangés en juillet 2017 à un prix minimum de 0,86 euro et à un prix maximum de 1,032 euro. Hier, l’action Telecom Italia a fini la séance en baisse de 4,13% à 0,87 euro.
Les ORA, qui sont considérées comme un produit actions puisque leur conversion est automatique, ont été placées en majorité auprès de fonds d’arbitrage. La caractéristique de ce type de placement est qu’il donne lieu, en parallèle, à la construction d’un livre d’ordres accéléré pour la vente d’un bloc d’actions sous-jacentes. Les investisseurs qui achètent l’obligation remboursable sont en effet censés se couvrir contre les variations du sous-jacent en vendant une fraction à découvert. Les banques en charge du placement de l’ORA préfèrent organiser elles-mêmes ce mouvement de vente à travers le placement d’un bloc.
«Nous avions calibré la taille du bloc à 575 millions d’euros, mais nous l’avons réduite à 276 millions. C’est le signe que les investisseurs, en majorité des hedge funds, ont souscrit l’ORA en prenant une position directionnelle sur l’action Telecom Italia», explique Jose-Antonio Gagliardi, responsable de la syndication actions à la Société Générale.
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