Telefonica ferait un pas de géant en croquant la filiale allemande de KPN
Telefonica serait sur le point, selon des informations concordantes relayées en premier lieu par le Financial Times hier, de frapper un grand coup en Allemagne. Par l’intermédiaire de sa filiale locale O2, l’opérateur télécoms espagnol pourrait en effet prendre le contrôle d’E-Plus, la filiale outre-Rhin de son concurrent néerlandais KPN. Les discussions en seraient à un stade avancé et les conseils se seraient réunis hier pour statuer. Les deux groupes ont séparément et prudemment confirmé l’existence de pourparlers dans le pays, sans identifier leur interlocuteur respectif.
Le nouvel ensemble devancerait avec une part de marché locale de 38% de la téléphonie mobile les maîtres actuels Deutsche Telekom (avec T-Mobile) et Vodafone. L’opération valoriserait E-Plus par le biais d’une offre mixte à plus de 5 milliards d’euros pour laquelle O2 procéderait à une augmentation de capital en partie souscrite par sa maison-mère grâce à l’émission de dette hybride. De quoi permettre à KPN de conserver une part de 15 à 30% du nouveau géant de la téléphonie mobile allemande.
Telefonica et KPN ont par le passé déjà discuté union, depuis une décennie selon le FT, sans pourtant s’entendre sur la valorisation ou le partage du capital d’E-Plus. L’opération bénéficierait désormais du soutien d’America Movil, le groupe mexicain contrôlé par le milliardaire Carlos Slim maintenant principal actionnaire de KPN avec près de 30% du capital après une OPA manquée l’an passé (et par ailleurs féroce concurrent de Telefonica en Amérique latine). Le titre KPN a bondi de 13% hier à Amsterdam à 1,80 euro, alors que le groupe doit publier ce matin même ses résultats trimestriels.
L’enjeu financier est de taille. La fusion des deux opérateurs pourrait selon les analystes générer des synergies - économies de coûts et gains de revenus - d’au moins 4 milliards.
Mais le bouleversement induit par cet éventuel rapprochement en Allemagne - le marché passant de quatre à trois opérateurs (O2 devance aujourd’hui E-Plus) -, ne devrait pas manquer de susciter l’intérêt des autorités européennes de la concurrence, qui feraient qui plus est face à un test significatif concernant la consolidation du secteur à l’échelle du Vieux Continent. Les parties devront sans doute consentir à des aménagements quant à l’envergure du projet.
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