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Telecom Italia taille lui aussi dans son dividende pour accélérer son désendettement
Telecom Italia taille lui aussi dans son dividende pour accélérer son désendettement
Imitant Telefonica et France Télécom, le groupe économisera 300 millions d’euros. Objectif : se désendetter de 5 milliards d’euros en deux ans
Publié le
Olivier Pinaud
La discipline financière est bien le maître mot des opérateurs de télécoms européens. Après Telefonica fin 2011, puis France Télécom mercredi, Telecom Italia a annoncé vendredi une baisse de son dividende. L’opérateur en télécoms italien versera 900 millions d’euros cette année, au titre de l’exercice 2011, soit 300 millions d’euros de moins qu’un an auparavant. Le groupe revient donc sur sa promesse d’augmenter de 15% par an son dividende jusqu’en 2013, ce qui l’aurait amené à verser 1,6 milliard d’euros à cet horizon, soit un tiers de sa génération de trésorerie opérationnelle.
La décision de Telecom Italia a pourtant été bien accueillie. Le cours de l’action a gagné 6,84% vendredi à Milan, à 0,87 euro, soit un gain de capitalisation boursière de plus de 500 millions d’euros. La baisse du dividende, généralisée dans le secteur des télécoms européens, avait été largement anticipée. Surtout, elle répond à un vœu de prudence indispensable, alors que la crise en Europe, et plus particulièrement en Italie, pèse sur les revenus de l’opérateur au risquer de menacer son désendettement. En septembre 2011, Moody’s s’était d’ailleurs inquiétée des conséquences du plan d’austérité italien sur les finances de Telecom Italia.
Fin 2011, l’opérateur portait une dette nette de 30,4 milliards d’euros, soit un milliard de moins qu’au 31 décembre 2010. En cinq ans, le montant a été réduit de 5,5 milliards. Le groupe se veut aujourd’hui nettement plus ambitieux en prévoyant de couper 5 milliards de dette supplémentaire en seulement deux ans. Fin 2013, l’endettement reviendrait ainsi à 25 milliards, ce qui permettrait de faire basculer dans les mois suivants le ratio dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) sous le seuil de 2. Fin 2011, il était de 2,5.
L’espagnol Telefonica est dans la même situation. Confronté à la crise sur son marché d’origine, et à la baisse des marges dans certains pays censés lui apporter des relais de croissance, l’espagnol affiche un endettement de 57 milliards d’euros, 2,5 fois son Ebitda. Le groupe compte le ramener à 2,35 fin 2012 mais de plus en plus d’analystes se demandent si Telefonica pourra y parvenir sans couper un peu plus son dividende, voire sans cession d’actifs.
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