Telecom Italia taille lui aussi dans son dividende pour accélérer son désendettement
La discipline financière est bien le maître mot des opérateurs de télécoms européens. Après Telefonica fin 2011, puis France Télécom mercredi, Telecom Italia a annoncé vendredi une baisse de son dividende. L’opérateur en télécoms italien versera 900 millions d’euros cette année, au titre de l’exercice 2011, soit 300 millions d’euros de moins qu’un an auparavant. Le groupe revient donc sur sa promesse d’augmenter de 15% par an son dividende jusqu’en 2013, ce qui l’aurait amené à verser 1,6 milliard d’euros à cet horizon, soit un tiers de sa génération de trésorerie opérationnelle.
La décision de Telecom Italia a pourtant été bien accueillie. Le cours de l’action a gagné 6,84% vendredi à Milan, à 0,87 euro, soit un gain de capitalisation boursière de plus de 500 millions d’euros. La baisse du dividende, généralisée dans le secteur des télécoms européens, avait été largement anticipée. Surtout, elle répond à un vœu de prudence indispensable, alors que la crise en Europe, et plus particulièrement en Italie, pèse sur les revenus de l’opérateur au risquer de menacer son désendettement. En septembre 2011, Moody’s s’était d’ailleurs inquiétée des conséquences du plan d’austérité italien sur les finances de Telecom Italia.
Fin 2011, l’opérateur portait une dette nette de 30,4 milliards d’euros, soit un milliard de moins qu’au 31 décembre 2010. En cinq ans, le montant a été réduit de 5,5 milliards. Le groupe se veut aujourd’hui nettement plus ambitieux en prévoyant de couper 5 milliards de dette supplémentaire en seulement deux ans. Fin 2013, l’endettement reviendrait ainsi à 25 milliards, ce qui permettrait de faire basculer dans les mois suivants le ratio dette nette sur excédent brut d’exploitation (Ebitda) sous le seuil de 2. Fin 2011, il était de 2,5.
L’espagnol Telefonica est dans la même situation. Confronté à la crise sur son marché d’origine, et à la baisse des marges dans certains pays censés lui apporter des relais de croissance, l’espagnol affiche un endettement de 57 milliards d’euros, 2,5 fois son Ebitda. Le groupe compte le ramener à 2,35 fin 2012 mais de plus en plus d’analystes se demandent si Telefonica pourra y parvenir sans couper un peu plus son dividende, voire sans cession d’actifs.
Plus d'articles du même thème
-
L’obligataire renoue avec un plus haut de deux ans dans le Panel Allocation
Cette classe d’actifs pèse de nouveau 45% dans les portefeuilles, tandis que les actions reculent à 49% et les actifs alternatifs à 4%. -
Fitch abaisse la perspective de la France
Dans une décision surprise intervenue vendredi soir en dehors du calendrier habituel, l'agence de notation indique ne pas croire à une réduction du déficit en 2027. -
Gare au short squeeze
Retrouvez comme chaque semaine l'analyse du marché des changes de DeftHedge.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Eurazeo opte pour une direction resserrée pour sortir du piège de la décote
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
SuccessionJournal d'une succession J-181 : à l’assaut du Pot-au-noir automnal
Chaque jour, l’Opinion raconte les coulisses de la campagne présidentielle la plus dangereuse de la Ve République. -
Think againLe pouvoir d’achat, le vrai, le faux et le long terme
Comme la France sans croissance n’a plus les moyens, la solution que les extrêmes font miroiter (encore des aides) n’est plus possible -
Foire d'empoigneQui payera pour sauver la nature ? A la COP Biodiversité, des avancées timides sur le financement
La COP17 sur la biodiversité s’est achevée samedi matin à Erevan, en Arménie. Malgré des discussions compliquées, plusieurs jalons ont été posés