Telecom Italia devra bientôt lever le voile sur ses choix stratégiques
Le conseil d’administration de Telecom Italia, qui doit se réunir le 6 décembre, devrait être crucial pour l’avenir de l’opérateur transalpin. Avec une dette nette de 29,5 milliards d’euros à fin septembre, soit plus de 3 fois son excédent brut d’exploitation, le groupe aurait besoin d’une augmentation de capital afin de financer le rachat éventuel de l’opérateur brésilien GVT, dont Vivendi cherche à se séparer pour environ 7 milliards d’euros.
L’homme d’affaires égyptien Naguib Sawiris, qui s’est dit prêt à prendre une participation dans Telecom Italia pour stimuler son expansion en Amérique latine, s’est prononcé en faveur d’une augmentation de capital ouverte à tous les actionnaires au prix de 0,70 euro par action, soit 4% au-dessus du cours actuel. Marco Fossati, dont la holding familiale Findim détient 5% de l’opérateur italien, considère pour sa part 1,50 euro comme le «juste prix» d’un appel au marché. Ce niveau reflète la valorisation du groupe dans les comptes de ses actionnaires de référence (Telefonica, Generali, Mediobanca et Intesa), qui détiennent ensemble 22,4% du capital via la holding Telco.
Naguib Sawiris conditionne par ailleurs sa prise de participation à l’abandon du projet de scission du réseau de téléphonie fixe domestique de l’opérateur. Ce projet, que l’homme d’affaires juge «catastrophique», est soutenu par le gouvernement et certains actionnaires du groupe. Rome considère qu’un «spin-off» permettrait de financer en partie la modernisation des infrastructures télécoms du pays, tandis que ses actionnaires de référence y voient le moyen d’améliorer la structure de bilan de l’opérateur. Les analystes de JPMorgan valorisent ce réseau 15 milliards d’euros, soit la moitié de l’endettement net du groupe.
Concernant l’Amérique latine, Nuno Matias, analyste chez Espirito Santo, estime que Naguib Sawiris va peiner à convaincre «les actionnaires de contrôle de Telecom Italia, qui ont leurs propres intérêts».
C’est particulièrement vrai de Telefonica qui tient à conserver sa place de leader sur le marché brésilien devant TIM Brasil, filiale locale de l’opérateur italien. Le groupe espagnol, qui fait également face à Telecom Italia en Argentine, a donc intérêt à brider la croissance de son concurrent dans la région. Compte tenu de ces incertitudes, l’action du groupe transalpin a chuté hier de 3,2% pour terminer à 0,67 euro à Milan.
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