Telecom Italia, désormais en catégorie spéculative, est incité à accélérer son désendettement
La pression des agences de notation est désormais au plus haut sur Telecom Italia. Alors que S&P venait de placer sous surveillance négative l’opérateur télécoms, Moody’s a été plus loin en abaissant d’un cran la note de sa dette à long terme, ce qui relègue désormais l’emprunteur transalpin en catégorie spéculative. Passant de Baa3 à Ba1, cette note est de surcroît assortie d’une perspective négative, ce qui signifie qu’elle pourrait encore être révisée en baisse dans les deux ans.
«Nous abaissons les notes de Telecom Italia, essentiellement parce que la récente démission du directeur général a accru les incertitudes sur la capacité de la compagnie à renforcer suffisamment son bilan, afin d’atténuer l’impact de la décrue de son chiffre d’affaires et de son excédent brut d’exploitation sur son marché intérieur», a commenté Carlos Winzer, analyste chez Moody’s.
Suite à un article de Bloomberg selon lequel l’opérateur transalpin veut obtenir au moins 9 milliards d’euros en échange de la vente des 67% qu’il détient dans le brésilien Tim Participacoes, l’action Telecom Italia a terminé en hausse de 6,2% à 0,66 euro hier à Milan. Ce prix de cession représenterait en effet une prime de 50% sur la valeur de marché de sa filiale brésilienne.
Si la démission de Franco Bernabe la semaine dernière est à l’origine de la décision prise par Moody’s, ce départ a néanmoins permis de lever un obstacle à la modification de l’actionnariat du deuxième opérateur mobile brésilien. L’espagnol Telefonica, désormais premier actionnaire de Telecom Italia et concurrent de Tim au Brésil, serait favorable à ce désengagement qui contribuerait à réduire fortement l’endettement net du groupe transalpin, qui atteint près de 29 milliards d’euros.
Réagissant à la dégradation de sa note de crédit, Telecom Italia a d’ailleurs affirmé que son désendettement «a toujours été et continue d'être une priorité». Mais cette cession pourrait buter sur le caractère stratégique de cet actif, «le seul du groupe qui compense en partie le déclin de son marché domestique», souligne Carlos Winzer.
Une réunion du conseil d’administration est prévue le 7 novembre, au cours de laquelle le nouveau directeur général Marco Patuano présentera son plan stratégique, qui devrait permettre d’en savoir plus sur l’avenir du groupe en Amérique latine.
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