Technicolor toujours sous la pression de sa restructuration financière

Le groupe a quatre jours pour rembourser 210 millions d’euros aux porteurs de DPN alors que le plan de cessions a rapporté moins que prévu
Olivier Pinaud

La fin d’année approche mais Technicolor n’a pas pour autant totalement tourné la page de sa restructuration financière. Hier, le groupe de services et d’équipements pour l’industrie du cinéma n’a pas souhaité commenter un article de La Tribune selon lequel cinq fonds spéculatifs veulent contester en cassation la validité du plan de sauvegarde adopté en mai. Ces porteurs de titres super subordonnés (TSS), qui avaient déposé un recours, ont été déboutés en novembre par la cour d’appel de Versailles.

Surtout, Technicolor se prépare à faire ses comptes concernant les obligations remboursables en espèces ou en actions liées aux produits de cession de certains actifs non stratégiques, appelées DPN (disposal proceeds notes). Réservées aux créanciers seniors, ces obligations sont remboursables au 31 décembre 2010. Au 30 octobre dernier, ces DPN représentaient un nominal de 242 millions d’euros auxquels il convient d’ajouter 14 millions d’euros d’intérêts.

La direction de Technicolor espérait recueillir suffisamment d’argent des cessions d’actifs pour couvrir une grande partie du remboursement. Or, les ventes de filiales n’ont rapporté que 60 millions de dollars (environ 45 millions d’euros). Il manque donc près de 210 millions d’euros pour rembourser les DPN.

Deux possibilités s’offrent à la direction de Technicolor. Tout d’abord, puiser dans la trésorerie excédentaire. A la fin du mois de juin 2010, le groupe disposait de 416 millions d’euros de trésorerie. Compte tenu d’une marge brute d’autofinancement négative, celle-ci devrait être inférieure au moment du remboursement des DPN. Si le montant n’est pas suffisant, Technicolor pourra alors procéder à l’émission d’actions nouvelles. Dans sa note d’opération, le groupe prévenait d’ailleurs qu’il était envisageable qu’une «partie significative des DPN fasse l’objet d’un remboursement en actions» sur la base du cours de l’action au moment du remboursement (sur une moyenne de 40 jours). D’où une forte inconnue sur le niveau de dilution éventuel et la baisse de 4,24% de l’action hier à 3,84 euros.

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