TDF cherche à réaménager sa dette bancaire
TDF prend les devants. Repris en LBO fin 2006 et lesté d’une dette de 4 milliards d’euros, le diffuseur vient de demander à ses créanciers un rallongement de 1 à 2 ans de la maturité de ses emprunts et un assouplissement de ses clauses contractuelles (covenants). Conseillé par BNP Paribas, Goldman Sachs et Rothschild, il veut aussi pouvoir émettre des obligations. La réponse des créanciers est attendue le 6 juillet, selon un proche du dossier, avec un taux d’acceptation fixé à 85% pour l’extension de la dette.
Le groupe compte repousser à janvier 2016 les échéances de 2,5 milliards d’euros de lignes. Sont concernés un prêt à terme de 1,1 milliard et une ligne renouvelable de 400 millions, remboursables en janvier 2014, ainsi qu’une ligne d’un milliard de maturité 2015. TDF propose de relever la marge payée à 400 points de base, dont 100 pb sous forme PIK (pay in kind, capitalisée et payable à terme). Les marges oscillent aujourd’hui entre 175 pb (pour la ligne revolving et la tranche A) et 225 pb.
Par ailleurs, la dette second-lien (junior) d’échéance juillet 2016 garderait la même maturité, mais verrait ses marges relevées de 325 pb à 575 pb, dont 150 pb sous forme PIK. L’utilisation du pay-in-kind permettra à l’emprunteur de préserver une partie de sa liquidité.
TDF propose enfin à ses créanciers une commission d’acceptation (consent fee) de 50 pb et une commission d’extension de 25 pb. Et pour mettre toutes les chances de son côté, la société revoit son périmètre: alors que son levier dépasse 7 fois l’Ebitda, elle va intégrer son unité allemande, Media Broadcast, moins endettée, ce qui fera mécaniquement baisser le ratio.
Le groupe espère ainsi gagner du temps alors que la fin de l’analogique l’a contraint à changer son modèle de développement. Détenu par TPG (42%), le FSI (24%), Axa PE (18%) et Charterhouse (14%), le diffuseur envisage en théorie une introduction en Bourse. Mais les échéances de 2014 rendent le calendrier d’une IPO incompatible avec le nouveau plan de marche du groupe. C’est aussi pour cela que TDF veut desserrer ses covenants, qu’il menace de casser. Les nouveaux devraient lui laisser une marge de manœuvre malgré tout limitée, d’environ 10%. En revanche, en cas d’accord, une émission high yield, destinée à la fois à rembourser les créanciers et à redresser la trésorerie, pourrait intervenir cette année, voire, idéalement, avant la trêve estivale.
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