Tata Steel cherche à alléger le poids de son endettement
Tata Steel ressent encore les effets du rachat de son concurrent Corus, rebaptisé Tata Steel Europe depuis septembre dernier. Réalisée en 2007 pour l’équivalent de 9,4 milliards d’euros, cette opération de croissance externe reste la plus importante effectuée par un groupe indien à ce jour.
Selon Bloomberg, sa filiale britannique Tata Steel UK a utilisé la facilité de crédit à 5 ans de 2,21 milliards d’euros négociée en septembre pour remplacer un prêt à terme de 3,53 milliards de livres sterling (4,2 milliards d’euros) contracté au moment de cette acquisition. Outre cette ligne à 5 ans, l’accord global conclu fin septembre auprès de 13 banques comprend un prêt à 7 ans en deux tranches, la première de 900 millions d’euros et la seconde de 400 millions de dollars (300 millions d’euros). S’y ajoute un crédit revolving de 690 millions de livres (800 millions d’euros). Ces nouvelles lignes, assorties de covenant bancaires allégés durant les quatre premières années, «permettent au groupe de recourir à d’autres facilités de crédit pour ses besoins d’exploitation».
Et ce n’est pas tout. Le septième aciériste mondial envisage de lever jusqu'à un milliard de dollars (763 millions d’euros) par le biais d’une cession d’actions, rapportait ce week-end le Business Standard. Selon l’une des deux sources anonymes du journal indien, le groupe a mandaté pour cette opération Standard Chartered Bank, HSBC Holdings, Deutsche Bank, RBS et Kotak Mahindra Capital. Les fonds ainsi levés doivent financer «le développement du groupe et la réduction de sa dette». Au 30 septembre, son endettement net s'élevait à 10,7 milliards de dollars (8,2 milliards d’euros), soit plus de 80% de sa capitalisation boursière. Sa note de crédit à long terme est BB- chez S&P, Ba3 chez Moody’s et BB+ chez Fitch, avec perspective stable.
Suite à l’OPA qui vient d’être lancée sur le groupe minier australien Riversdale par Rio Tinto, la cession des 24,2% détenus par Tata Steel dans Riversdale permettrait à l’aciériste indien de se désendetter «sans céder de titres ou diluer son capital», relève cependant Niraj Shah, analyste chez Fortune Equity à Mumbai. Cette participation est valorisée 720 millions d’euros au prix de16 dollars australiens par action proposé par Rio. Un désengagement total réduirait la dette du groupe indien d’au moins 8,5%, voire plus en cas de surenchère.
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