A dix jours de la publication de ses résultats annuels, l’aciériste indien annonce des dépréciations de survaleurs de 1,6 milliard de dollars
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Antoine Duroyon
Les difficultés structurelles de la sidérurgie européenne maintiennent le secteur sous pression. Après les dépréciations de survaleurs d’ArcelorMittal et de l’aciériste ThyssenKrupp au quatrième trimestre (respectivement 3,3 milliards d’euros et 3,6 milliards d’euros), c’est au tour de Tata Steel de faire le ménage dans ses comptes.
Dans un avis transmis au Bombay Stock Exchange, la division du conglomérat indien annonce des dépréciations d’environ 1,6 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) au titre de l’exercice 2012-2013, clos le 31 mars. Il s’agit de la plus importante dépréciation jamais réalisée par un groupe indien.
Cette décision est «principalement due à un environnement macroéconomique et de marché plus faible en Europe où la demande apparente en acier a chuté en 2012-2013 d’environ 8%, ce qui porte le repli cumulé à environ 30% depuis l’émergence de la crise financière en 2007», souligne le groupe indien. Des chiffres déjà évoqués par ArcelorMittal en fin d’année.
Cette charge comptable s’explique également par des dépréciations d’actifs liées au ferrochrome en Afrique du Sud et à un mini haut fourneau en Thaïlande «qui a été affecté par le coût élevé des matières premières».
Tata Steel assure que ses covenants financiers sont intacts. Le groupe s’attend à ce que l’environnement sous-jacent décrit ci-dessus se poursuive à court et moyen terme, ce qui a conduit à une révision en baisse des anticipations de cash-flow sous-tendant la valorisation de l’activité européenne. Ces actifs européens sont hérités du rachat pour 13,1 milliards de dollars du sidérurgiste anglo-néerlandais Corus en 2008.
Selon le Financial Times, le nouveau président de Tata Group, Cyrus Mistry, pourrait chercher à nouer en Europe un partenariat avec un autre sidérurgiste ou adopter une approche sélective. Cette démarche pourrait passer par la cession d’actifs au Royaume-Uni et le maintien de ses activités aux Pays-Bas.
De même qu’ArcelorMittal, Tata Steel tente de jouer sur le levier des coûts. Le groupe a annoncé en novembre dernier la suppression de 500 postes au sein de sa principale plate-forme européenne de production, située à Port Talbot au pays de Galles. La réorganisation menée sur d’autres sites devrait aboutir au total à la suppression de 900 postes outre-Manche. Tata Steel publiera ses résultats définitifs le 23 mai.
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