Tata Steel accuse le coup en Europe
Les difficultés structurelles de la sidérurgie européenne maintiennent le secteur sous pression. Après les dépréciations de survaleurs d’ArcelorMittal et de l’aciériste ThyssenKrupp au quatrième trimestre (respectivement 3,3 milliards d’euros et 3,6 milliards d’euros), c’est au tour de Tata Steel de faire le ménage dans ses comptes.
Dans un avis transmis au Bombay Stock Exchange, la division du conglomérat indien annonce des dépréciations d’environ 1,6 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) au titre de l’exercice 2012-2013, clos le 31 mars. Il s’agit de la plus importante dépréciation jamais réalisée par un groupe indien.
Cette décision est «principalement due à un environnement macroéconomique et de marché plus faible en Europe où la demande apparente en acier a chuté en 2012-2013 d’environ 8%, ce qui porte le repli cumulé à environ 30% depuis l’émergence de la crise financière en 2007», souligne le groupe indien. Des chiffres déjà évoqués par ArcelorMittal en fin d’année.
Cette charge comptable s’explique également par des dépréciations d’actifs liées au ferrochrome en Afrique du Sud et à un mini haut fourneau en Thaïlande «qui a été affecté par le coût élevé des matières premières».
Tata Steel assure que ses covenants financiers sont intacts. Le groupe s’attend à ce que l’environnement sous-jacent décrit ci-dessus se poursuive à court et moyen terme, ce qui a conduit à une révision en baisse des anticipations de cash-flow sous-tendant la valorisation de l’activité européenne. Ces actifs européens sont hérités du rachat pour 13,1 milliards de dollars du sidérurgiste anglo-néerlandais Corus en 2008.
Selon le Financial Times, le nouveau président de Tata Group, Cyrus Mistry, pourrait chercher à nouer en Europe un partenariat avec un autre sidérurgiste ou adopter une approche sélective. Cette démarche pourrait passer par la cession d’actifs au Royaume-Uni et le maintien de ses activités aux Pays-Bas.
De même qu’ArcelorMittal, Tata Steel tente de jouer sur le levier des coûts. Le groupe a annoncé en novembre dernier la suppression de 500 postes au sein de sa principale plate-forme européenne de production, située à Port Talbot au pays de Galles. La réorganisation menée sur d’autres sites devrait aboutir au total à la suppression de 900 postes outre-Manche. Tata Steel publiera ses résultats définitifs le 23 mai.
Plus d'articles du même thème
-
Pernod Ricard a bouclé le rachat de 1,2 milliard d'euros de ses obligations
L'entreprise avait annoncé le 22 octobre dernier avoir placé en deux tranches pour 1,5 milliard d'euros d'obligations à durée indéterminée auprès d'investisseurs qualifiés. -
Pluxee prend l'eau en Bourse après ses perspectives
Le spécialiste des titres-restaurant a prévenu qu'il s'attendait à un exercice de transition lors duquel son excédent brut d'exploitation s'inscrirait en repli. -
Les profits de TotalEnergies continuent de s'envoler avec la flambée de l'énergie
Le résultat net ajusté du géant de l'énergie a dépassé 9 milliards de dollars au troisième trimestre, approchant du record absolu inscrit en 2022. Le taux d'endettement du groupe est tombé sous 10%.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
« Remporter la bataille informationnelle » : comment LFI s’inspire de la stratégie numérique Lula
Canal Whatsapp, blocage des comptes d’extrême droite… Les insoumis relaient sur les réseaux sociaux des techniques présentées comme ayant permis la réélection du président brésilien Lula. Non sans fausse note. -
Championne d'Europe des impôts : la France reprend sa couronne au Danemark
Avec une hausse des impôts en 2025, la France a un taux de prélèvements obligatoires qui atteint 46 % du PIB en 2025, contre 45,1 % en 2024, et reprend donc la première place au Danemark -
Numéro de téléphoneUkraine : les Européens veulent être représentés dans les négociations, mais par qui ?
La récente agitation diplomatique dans le dossier russo-ukrainien a relancé cette question, sur laquelle l’Europe ne cesse de buter