Sword tente une nouvelle fois de transférer son siège à Luxembourg
Après le succès du transfert du siège social d’Eurofins de Nantes à Luxembourg, Sword, également société européenne, a décidé de suivre la même voie. Pourtant échaudée par l’échec d’une première tentative en décembre 2009, la société de services informatiques a l’intention de proposer à l’AG du 26 mars prochain, le transfert de son siège social de Saint-Didier-au-Mont-d’Or (Rhône) à Luxembourg. «La fiscalité serait aussi un peu plus favorable», note Gilbert Dupont, tout en constatant que «l’intérêt de ce projet nous échappe un peu».
Par ce changement, Sword compte «servir encore plus efficacement ses clients internationaux ainsi que les organisations internationales [34% de son chiffre d’affaires]». Le groupe rappelle que plus de 83% de son chiffre d’affaires est réalisé hors de France et «nécessite des compétences multilingues beaucoup plus aisées à trouver au Luxembourg qu’en France». Pour autant, Sword assure que ce transfert «n’entraîne aucune incidence au niveau opérationnel». Mais, du fait de la réglementation luxembourgeoise, les actionnaires perdront leur droit de vote double.
Les actionnaires votant contre le projet auront un mois pour former opposition et obtenir le rachat de leurs actions. Sword nommera avant la fin février un expert indépendant chargé de valider le prix de rachat. L’action, qui a rebondi de près de 20% depuis le début d’année, affiche un prix de clôture moyen de 12,5 euros sur les trois derniers mois, contre plus de 20 euros en moyenne sur 2010 et 2011. De fait, «le timing est plutôt opportun suite à la baisse du cours et aux cessions opérées dans les activités d’édition de logiciels (environ 100 millions d’euros de cession)», note Gilbert Dupont, estimant le coût maximum de l’opération à 62 millions d’euros, sur la base d’un tiers du capital à 19,7 euros, objectif de l’analyste pour Sword.
Toutefois, ce transfert doit remporter l’approbation des deux tiers des actionnaires – Jacques Mottard, actionnaire de référence, détient 18% du capital et 27% des droits de vote – et surtout, le nombre d’actionnaires demandant le rachat de ses titres doit être limité. En 2009, 13% des actionnaires avait voté contre, poussant Sword à abandonner son projet. Natixis estime que si le pourcentage d’actionnaires votant contre «est trop élevé (supérieur à 10-15%), le management préférera garder sa trésorerie pour réaliser des futures acquisitions».
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