Suez Environnement conserve sous contraintes le cap à l’international
Alors que la prise de contrôle amicale de l’espagnol Agbar au printemps dernier «tient ses promesses» selon le directeur général de Suez Environnement, Jean-Louis Chaussade, le groupe entend bien ne pas s’arrêter en si bon chemin et poursuivre un développement porté par la croissance internationale.
L’an passé, la France a représenté 36,6% du chiffre d’affaires du groupe (13,87 milliards d’euros, +10,9% à changes constants), 3,6 points de moins qu’en 2009. Dans le même temps, les ventes hors d’Europe ont gagné 4,9 points, à 27,2%. Pas de doute aux yeux du patron du groupe de services aux collectivités, qui anticipe à «moyen terme» une répartition en «trois tiers» entre la France, l’Europe et le reste du monde.
Comme un gage de la poursuite de cette course au développement international, Jean-Louis Chaussade a confié hier que le groupe venait d’emporter l’exploitation pour dix ans des services d’eau et d’assainissement de la ville d’Adelaïde en Australie. Un contrat, à parts égales avec son partenaire Transfield, de quelque 840 millions d’euros.
Pour autant, le dirigeant reconnaît que le groupe devra continuer à investir «de manière sélective, dans le respect de (ses) grands équilibres financiers». Comme le relève en effet CM-CIC Securities, le respect des engagements en termes de poids de la dette (objectif d’une dette nette représentant 3 fois l’excédent brut d’exploitation (RBE) dès fin 2011, contre 3,22 fois fin 2010) et de dividende (stable à 0,65 euro par titre pour 2010, en hausse promise d’environ 5% par an jusqu’en 2013) devrait «empêcher toute croissance externe importante». Même si le programme d’économies de coûts a été relevé hier, de 250 à 300 millions d’euros entre 2010 et 2012. Pour autant, le groupe n’a pas d’actifs majeurs à vendre mais pourrait procéder à des «rotations» d’actifs, selon son dirigeant.
A moyen terme (jusqu’en 2013), le groupe table dès lors sur une hausse annuelle du chiffre d’affaires au moins égale à 5% et sur une meilleure rentabilité (RBE en hausse d’au moins 10% cette année et de 7% en moyenne pour 2012 et 2013). Des objectifs «solides comme prévu» pour CM-CIC Securities et «attrayants» selon Oddo au regard de la «prudence généralement affichée par la société». L’an dernier, le résultat net a bondi de 40,1% à 565 millions d’euros et le RBE de 13,6% à 2,34 milliards.
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