Steria parvient à se désendetter malgré le repli organique de son chiffre d’affaires

La prise en compte de la hausse des taux longs britanniques a réduit de 26% le déficit des fonds de pension de la SSII par rapport à fin décembre
Yves-Marc Le Reour

En dépit de la bonne tenue de l’Allemagne, le ralentissement des marchés britannique et français ne permettra pas à Steria d’afficher une croissance organique de son activité en 2013, ce qui a fait plonger l’action de près de 10% hier. La SSII française table désormais sur «un chiffre d’affaires stable» en rythme annuel au second semestre, après un recul de 2,3% entre janvier et juin. Elle réaffirme pour l’ensemble de l’année son objectif d’une amélioration de la marge opérationnelle, avec un cash flow libre positif après dividende.

La contraction organique de 1,1% du chiffre d’affaires à 437 millions d’euros au deuxième trimestre provient du repli de 3% de l’activité en France, les deux tiers de cette baisse étant liés à la fin du contrat de vente de matériel Ecotaxe. A cela s’ajoute la dégradation de 3,6% de l’activité au Royaume-Uni à périmètre et changes constants, qui a concerné le secteur public et financier. «Signe d’un environnement compliqué, le ratio de prise de commandes sur chiffre d’affaires s’est détérioré fin juin à 0,85 fois contre 1,11 fois un an auparavant», observent les analystes de Gilbert Dupont. En progression de 10 points de base d’un an sur l’autre, la marge opérationnelle de 5,2% ressort conforme aux attentes.

«La bonne nouvelle de cette publication a été la prise en compte, dès le premier semestre, de la hausse des taux d’intérêt ‘corporates’ britanniques qui permet au groupe de réduire le déficit de ses fonds de pension de 78 millions d’euros et de dégager une dette nette de 280,7 millions d’euros, soit le montant que nous attendions pour la fin de l’exercice», commente le bureau d’analyse de Natixis. Ce déficit a diminué de 26% à 225 millions par rapport à la projection établie fin 2012.

Avec une dette nette qui représente 1,9 fois l’excédent brut d’exploitation contre une limite maximale de 2,5 fois, Steria, qui dispose de 300 millions d’euros de lignes de crédit non utilisées avec une maturité de 3 ans, est donc «serein quant à sa situation financière». Les analystes de Portzamparc soulignent que le cash flow libre négatif de 137,7 millions d’euros à fin juin «comprend 152,4 millions d’euros de remboursement de la convertible hybride», effectué début 2013. Retraité de cet élément, «le cash flow libre aurait atteint 14,7 millions, contre -86,8 millions un an plus tôt».

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