Steria lève le risque d’une augmentation de capital grâce à un placement privé
Steria éteint les craintes d’une augmentation de capital. La SSII a bouclé une émission obligataire privée de 180 millions d’euros venant à échéance le 7 juillet 2019, portant un taux d’intérêt fixe annuel de 4,25%. L’opération, dont le règlement-livraison interviendra le 12 avril, complète un crédit syndiqué signé mi-2011, d’une maturité de 5 ans, qui intègre une ligne de crédit amortissable de 275 millions d’euros et une ligne multidevise de 325 millions.
Outre le fait qu’elle «lève clairement le spectre d’une augmentation de capital», cette émission obligataire permettra à la SSII «de renforcer sa liquidité avec un surcoût limité» par rapport au taux de 3% du crédit syndiqué, jugent les analystes de CM-CIC Securities. Ils ajoutent que le taux d’intérêt servi semble attrayant par rapport à un autre primo-émetteur non noté, Akka Technologies, qui a levé fin février 100 millions d’euros à 5 ans et 4 mois avec un coupon de 4,45%. Ceci faisait ressortir un spread de 338 points de base (pb) par rapport au taux mid-swap, contre 311 pb seulement pour Steria.
«A la suite du remboursement de l’obligation hybride de 152 millions d’euros début 2013 et de la comptabilisation en fonds propres du déficit actualisé des retraites de 295 millions, le ‘gearing’ va considérablement s’apprécier», souligne de son côté Gilbert Dupont. Le bureau d’analyse table sur un ratio de dette nette sur capitaux propres de 75% fin 2013 contre 17% l’an dernier.
Néanmoins les covenants bancaires de Steria ne sont pas déterminés par rapport à ses fonds propres. Ils portent sur l’excédent brut d’exploitation qui doit rester inférieur à 2,5 fois la dette nette, tandis que le ratio marge opérationnelle courante sur le coût net de la dette doit rester supérieur à 5 fois. Ce sont ces mêmes covenants qui s’appliquent au placement privé.
Selon les analystes de Kepler, ce refinancement «permet désormais à la SSII de se consacrer au redressement de sa rentabilité opérationnelle et à l’amélioration de sa génération de cash flow libre». Le groupe s’est récemment fixé pour 2016 un objectif de chiffre d’affaires de plus de 2 milliards d’euros accompagné d’une marge d’exploitation supérieure à 8%.
Quant à la dette nette, elle ne devra pas dépasser 33% des fonds propres, ce qui implique selon HSBC «un flux net de trésorerie positif de 40 à 45 millions d’euros par an» à partir de 2013.
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