Steria et Sopra cherchent à combler leur handicap de taille
Plus de trois ans après l’apparition des premières rumeurs de fusion entre Steria et Sopra, les deux SSII françaises sont désormais sur le point de concrétiser leur rapprochement, selon plusieurs sources concordantes. «Il y a des discussions très avancées sur un rapprochement amical, entre égaux, entre les deux sociétés», rapportait ainsi en premier l’AFP.
Les deux titres ont d’ailleurs été suspendus lundi matin à la demande de ces sociétés. «On est sur un projet qui résulte de six mois de travaux communs (...) et qui a un sens important en termes de complémentarité d’offres et de géographies», ajoutait Reuters de source proche du dossier, en soulignant que les conseils d’administration devaient se réunir dans la journée hier afin d’entériner la décision.
Une fusion entre égaux donnerait naissance à un nouveau géant français du secteur, la taille critique étant devenue un facteur clé de succès face aux mastodontes américains ou indiens, sur un marché français qui a stagné l’an dernier. En se fondant sur le bilan de l’exercice 2013, le chiffre d’affaires de l’entité combinée atteindrait 3,1 milliards d’euros (1,8 milliard pour Steria et 1,3 milliard pour Sopra). Sur ce critère, le nouveau groupe se hisserait au troisième rang en France, derrière IBM et Capgemini mais devant Atos, indique Vincent Gelineau, chargé du marché et des services chez Pierre Audoin Consultants. Bien que les ventes de Steria aient été plus importantes que celles de son concurrent, son bénéfice net, grevé par des éléments exceptionnels, a chuté de 75% à 8,9 millions d’euros, alors que celui de Sopra enregistrait une hausse de 28,4% à 71,4 millions.
S’il est mené à bien, ce rapprochement va prolonger et amplifier un mouvement largement amorcé l’an dernier, comme le montre le baromètre des M&A du secteur IT récemment publié par le cabinet ATM. Le chiffre d’affaires ayant fait l’objet d’opérations de fusions et acquisitions sur le marché français des SSII a atteint 1,65 milliard d’euros en 2013, en progression de 106% d’un an sur l’autre. Ce chiffre record dépasse le niveau enregistré en 2005, année au cours de laquelle Unilog avait été racheté par le britannique Logica. La transaction la plus marquante en 2013 a été l’acquisition d’Osiatis par le belge Econocom.
Le nombre d’opérations a également progressé, avec 70 cessions constatées en 2013 contre 64 au cours de l’année précédente.
{"title":"","image":"80899»,"legend":"Indicateurs du secteur des SSII»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’OPA de Paprec sur Pizzorno est ouverte jusqu’au 10 novembre 2026
L’Autorité des marchés financiers vient de déclarer conforme le projet d’offre publique d’achat simplifiée déposé début juillet. GMB Invest, minoritaire de Pizzorno avec 20,15% du capital, n’a pas obtenu gain de cause auprès de l’expert indépendant et de l’AMF. -
Janus Henderson lance un fonds nativement tokénisé sur le Nasdaq-100
La société de gestion américaine s’est associée pour cela à Centrifuge, spécialiste de la tokénisation d’actifs. Le fonds est lancé sur le réseau Stellar. -
En moins d'un an, Bedrock Robotics voit sa valorisation plus que doubler
Dans la foulée du déploiement cet été d'engins de chantier autonomes auprès de ses premiers clients, la start-up californienne porte sa valorisation à 4,1 milliards de dollars lors d'un tour de série C piloté par CapitalG (Alphabet) et Emergence Capital. Seul européen présent au tour de table, le fonds tricolore C4 Ventures prend part à la levée.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Dura lex, capexAnthropic se met à nu pour séduire Wall Street
L'éditeur de Claude espère lever cent milliards de dollars pour financer ses investissements technologiques titanesques -
RepeuplementItalie : le grand écart migratoire de Giorgia Meloni
Le gouvernement italien a multiplié les quotas de travailleurs étrangers pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre et freiner la baisse démographique. La bureaucratie empêche encore une grande partie des entrées programmées de se concrétiser -
SuccessionJournal d'une succession : trou d’air, second souffle et bouquet final
Chaque jour, l’Opinion raconte les coulisses de la campagne présidentielle la plus dangereuse de la Ve République. Âmes sensibles s’abstenir. Dans l’épisode précédent : Alors qu’aucun candidat ne parvient à s’imposer au sein du bloc central, François Hollande et Xavier Bertrand préparent leur candidature.