Starwood Capital veut faire monter les enchères sur les hôtels du Louvre
C’est l’un des plus gros dossiers français du moment. Starwood Capital procède cette semaine au premier tour d’enchères pour Louvre Hôtels, le pôle d’hôtellerie économique du Groupe du Louvre, ont indiqué à L’Agefi plusieurs sources. Divulguée par Les Echos, la cession des chaînes Campanile, Première Classe, Kyriad ou bien encore Tulip Inn devrait attirer essentiellement des investisseurs financiers.
«Compte tenu de la taille du dossier, tous les grands fonds de private equity de la place sont intéressés», a indiqué à L’Agefi l’une de ces sources. CVC, Advent ou PAI Partners font partie des candidats cités. Starwood Capital est conseillé par Deutsche Bank et Goldman Sachs.
Starwood Capital aurait fixé la limite inférieure à 1,3 milliard d’euros, soit un peu moins de 12 fois l’Ebitdar, multiple relativement proche de celui acquitté par Carlyle en 2010 lors du rachat à Eurazeo de B&B, numéro trois français de l’hôtellerie économique derrière Accor et Louvre Hôtels. «La valeur réelle des actifs de Louvre Hôtels suscite beaucoup d’interrogations», reconnaît toutefois une source. Le marché hôtelier français a fortement évolué ces dernières années et Louvre Hôtels a finalement assez peu investi en comparaison de ses concurrents directs Accor et B&B. La reprise des actifs devrait donc être accompagnée d’une relance des investissements. Un argument dont veulent se servir les candidats à la reprise pour mieux négocier le prix de rachat.
Starwood Capital est propriétaire de ces enseignes hôtelières depuis le rachat en 2005 du Groupe Taittinger et de sa filiale Société du Louvre pour 2,6 milliards d’euros dette incluse, auxquelles il a adjoint en 2009 le réseau néerlandais Golden Tulip. Le fonds immobilier américain a déjà tenté par le passé de céder son pôle d’hôtellerie économique. En vain.
Le fonds dirigé par Barry Sternlicht pourrait d’ailleurs renoncer de nouveau au projet si les prix proposés ne lui conviennent pas. D’autant que Starwood Capital n’a pas le couteau sous la gorge. Le fonds a déjà considérablement réduit le périmètre de l’ancien empire Taittinger. Il a récupéré près de 3 milliards d’euros de la vente des champagnes Taittinger, des parfums Annick Goutal et des hôtels de luxe de la Société du Louvre, dont le Crillon ou le Martinez à Cannes.
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