Sony Ericsson ne convainc pas les marchés face à la concurrence d’Apple et de RIM

A 62 millions d’euros, le bénéfice imposable du groupe bénéficie des restructurations, mais le recul des parts de marché a déçu
Patrick Aussannaire

Après sept trimestres déficitaires d’affilée, le fabricant nippo-suédois de téléphonie mobile Sony Ericsson a retrouvé une situation bénéficiaire depuis le début de l’année 2010. Le troisième trimestre l’a confirmé avec un bénéfice imposable de 62 millions d’euros, en net redressement comparé à la perte de 193 millions que le groupe a encaissée au troisième trimestre 2009. Cependant, il est inférieur aux 72 millions d’euros anticipés par le consensus Reuters «en raison de volumes écoulés inférieurs aux attentes, liés à un recul de 30 pb de la part de marché en séquentiel» selon Oddo.

Le satisfecit du président du groupe, Bert Nordberg qui estime que «notre stratégie visant à se concentrer sur les smartphones fonctionne, les smartphones représentant désormais plus de 50% des ventes totales», ne réussit en effet pas à masquer l’ampleur des réductions d’effectifs consenties par le groupe ainsi que le recul des ventes, handicapées par la nouvelle concurrence du canadien RiM (Blackberry) et surtout de l’américain Apple (iPhone). Sony Ericsson a ainsi été contraint de procéder à la suppression de près de 4.000 emplois au total, dont environ 2.000 depuis l’an dernier, pour passer sous les 8.000 employés cette année. Parallèlement, le chiffre d’affaires a accusé un recul de 1% à 1,6 milliard d’euros, contre 1,8 milliard anticipé par le consensus Reuters, et la marge opérationnelle retraitée est tombée à 4,2% contre 4,8% attendu selon Oddo «en raison des effets volumes défavorables».

Si le recul paraît modeste, il masque un réel changement de positionnement de la société qui vise un recentrage sur le haut de gamme. La hausse du prix moyen de vente de 34% à 154 euros qui en a découlé a ainsi permis de compenser la chute de 26% en un an des ventes de téléphones qui sont tombées à 10,4 millions d’unités au troisième trimestre, après 11 millions au deuxième trimestre.

Oddo estime que ces résultats «devraient être légèrement négatifs» pour Ericsson, du fait d’«un résultat avant impôts et d’une consommation de cash inférieurs aux attentes et d’une stratégie qui ne permet pas de regagner des parts de marché en valeur, dans un contexte concurrentiel difficile». Le groupe mise beaucoup sur le lancement récent des modèles Xperia sous Android sur de nouveaux marchés comme la Chine et les Etats-Unis, pour concurrencer le Blackberry et l’iPhone et redresser son chiffre d’affaires.

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