Sony accélère la restructuration de son activité déficitaire de téléviseurs
Annoncée l’été dernier, la réorganisation de l’activité téléviseurs de Sony n’avait jusqu’ici pas donné lieu à des initiatives d’envergure, alors que cette division devrait afficher sur l’exercice clos en mars 2012 une perte pour la huitième année d’affilée. Le groupe électronique fait à cet égard un pas significatif en cédant à son partenaire sud-coréen Samsung pour 1.082 milliards de wons (671 millions d’euros) sa participation de 50% moins une action dans S-LCD Corp., dédiée à la fabrication de dalles d’écrans à cristaux liquides (LCD). Samsung fusionnera dès le 1er avril cette entité avec sa production d’écrans à diodes électroluminescentes (LED).
Le prix de cession est inférieur de près de 40% aux investissements réalisés par Sony dans cette coentreprise, fondée en 2004 pour garantir aux deux groupes leur approvisionnement en composants. Howard Stringer, directeur général du groupe nippon, indique que ce désengagement, qui entraînera sur le trimestre en cours une dépréciation d’actifs de 66 milliards de yens (648 millions d’euros), permettra dès 2012 de réaliser des économies «substantielles» de 50 milliards de yens (491 millions d’euros) par an.
En mettant fin à la coentreprise, Sony «accroîtra sa flexibilité pour se fournir en écrans LCD», relève Shiro Mikoshiba, analyste de Nomura Securities, en ajoutant que le groupe fera «toujours face à une baisse des prix de vente et à des coûts fixes élevés». Le contexte concurrentiel a fortement évolué au cours des dernières années, Sony ayant vu sa part de marché dans les téléviseurs (12% en 2010) s’éroder au bénéfice de Samsung et de LG qui ont pris de l’avance dans les appareils «connectés» de nouvelle génération.
Sony avait préalablement cédé sa fabrication d’écrans LCD de petite taille à la société publique Japan Display qui a également racheté les activités similaires de Toshiba et Hitachi. La rationalisation de la production d’écrans LCD est d’autant plus nécessaire que ce segment atteindrait un pic de 75 milliards d’euros en 2011 pour se contracter ensuite de 3% à 4% par an, selon certains analystes. Pénalisé par la vigueur du yen et par les inondations en Thaïlande qui ont affecté sa division appareils photo, Sony s’attend à enregistrer une quatrième perte annuelle consécutive, dont le montant est en cours de réévaluation suite à cette opération normalement bouclée d’ici à la fin janvier prochain.
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