Sonepar innove encore sur le marché du placement privé
Sonepar explore toutes les possibilités offertes par le marché du placement privé. Le très discret groupe familial de distribution de matériel électrique vient de réaliser la première émission obligataire non listée d’une société non cotée, selon des sources financières. Les investisseurs ayant acquis les titres se comptent sur les doigts d’une main, et le montant de l’opération atteindrait quelques dizaines de millions d’euros.
Jusqu’à présent, deux cas de figure étaient observables. Soit l’émetteur était coté, et son information financière accessible à tous les investisseurs. Soit il était non coté, à l’image de Lactalis, mais le listing des obligations émises à Paris ou au Luxembourg offrait un minimum de transparence puisque ces transactions doivent être documentées. En optant pour une obligation non listée, donc dépourvue de documentation, Sonepar, qui n’est pas coté en Bourse ni noté par les agences, garde tous ses secrets.
«Conformément à la politique voulue par notre groupe, nous ne souhaitons pas donner davantage d’informations concernant ce placement privé», a écrit mardi Sonepar en réponse aux questions de L’Agefi.
Le distributeur électrique, qui revendique 14,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et une présence dans 35 pays, se distingue depuis un an par sa capacité à exploiter tous les compartiments du marché des placements privés. En juin 2012, Sonepar a levé 400 millions d’euros sur le marché de la dette «Schuldschein», un instrument de droit allemand qui s’apparente à un accord de crédit bilatéral et autorise une documentation légère sans nécessité d’être noté. Ce compartiment a décollé l’an dernier, attirant d’autres émetteurs français (Faurecia, Bureau Veritas…) et des investisseurs institutionnels qui ne sont plus seulement Allemands ou Autrichiens.
Sonepar a par ailleurs joué les défricheurs en août 2012 en devenant la première entreprise à bénéficier du partenariat noué entre la Société Générale et Axa. Cet accord de désintermédiation bancaire s’est traduit par la mise en œuvre d’un placement privé en euros, dont la banque était l’originatrice et l’assureur le souscripteur. Discrétion oblige, le montant de la transaction était là aussi resté secret.
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