Solvay met l’accent sur l’optimisation de sa facture énergétique
A l’occasion de la cotation secondaire de ses actions à Paris hier, le chimiste belge Solvay a fait le point sur l’intégration de Rhodia racheté au printemps dernier pour 3,4 milliards d’euros. Relevant que les deux entités ne formaient plus qu’un seul et même groupe «depuis 4 mois», le directeur général de Solvay Christian Jourquin a ajouté que les 16 chantiers destinés à bâtir la nouvelle organisation avançaient «à grande vitesse», afin de parvenir, sans rupture pour la clientèle du groupe, à l’objectif annoncé de 250 millions d’euros de synergies.
La création de Solvay Energy Services représente une étape importante car cette nouvelle entité «s’appuiera sur les compétences et savoir-faire de Solvay Energy et de Rhodia Energy Services pour optimiser nos achats d’énergie qui s’élèvent à 1,2 milliard d’euros par an», précise Christian Jourquin. Solvay Energy Services sera en outre chargée de la gestion des émissions de CO2 pour le compte du groupe et de ses clients externes.
Jean-Pierre Clamadieu, directeur général adjoint de Solvay qui prendra les rênes du groupe en mai prochain, s’est dit préoccupé par la divergence grandissante du prix du gaz naturel des deux côtés de l’Atlantique, qui pèse sur la compétitivité des acteurs européens. Ce prix «est actuellement 3 fois plus élevé en Europe qu’aux Etats-Unis contre un écart historique de 2 fois», estime-t-il. L’exploitation des gaz de schiste aux Etats-Unis a entraîné non seulement une baisse des prix en Amérique du Nord mais aussi une relocalisation de certains projets dans la région.
Concernant l’activité, Jean-Pierre Clamadieu n’a pas constaté «une baisse globale de la demande comme en 2008-2009». Si l’incertitude prédomine en Europe, un redémarrage est perceptible aux Etats-Unis tandis que l’Asie reste dynamique. Grâce aux pays émergents qui absorbent 40% du chiffre d’affaires du groupe élargi, les deux tiers du portefeuille d’activités devraient échapper à un ralentissement. La principale inquiétude concerne le secteur de la construction en Europe, qui pèse sur la demande de PVC.
Indiquant qu’aucun arbitrage n’avait encore été effectué en termes de cessions d’actifs, le groupe a confirmé une politique de versement régulier du dividende. Le titre a terminé en hausse de 2,9% à 77,6 euros sur Euronext Bruxelles qui reste sa place boursière de référence.
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