Soitec sollicite une nouvelle fois ses actionnaires pour financer son plan stratégique

L’augmentation de capital et l’émission d’une Oceane prévues aideront le groupe à passer un cap de trésorerie encore difficile d’ici à 2015
Yves-Marc Le Reour

Conscient de la nécessité de renforcer son bilan, Soitec a fait part de son intention de réaliser une augmentation de capital avec maintien du droit préférentiel de souscription, en émettant ultérieurement une nouvelle Oceane pour refinancer celle de 145 millions d’euros qui vient à maturité en septembre 2014. Cette double opération, dirigée par Natixis, sera lancée «en fonction des conditions de marché et sous réserve de l’obtention de visas de l’AMF», ajoute le spécialiste français des matériaux pour semi-conducteurs, qui se refuse à communiquer un quelconque calendrier.

Alors que le dernier appel au marché du groupe date de l’été 2011, la perspective d’une nouvelle dilution des investisseurs a entraîné dans des volumes élevés une chute de 11,7% de l’action hier, la plus importante depuis le début de l’année. Au cours de clôture de 2,65 euros, la capitalisation boursière de Soitec s’élève à seulement 327 millions d’euros. Si le niveau précis de dilution ne peut être déterminé à ce stade, les analystes d’Oddo Securities tablent sur une augmentation d’environ 40% du nombre de titres par rapport aux 123 millions d’actions qui composent actuellement le capital. La «forte dilution» à prévoir leur paraît «indispensable pour assurer la survie d’un groupe qui se retrouve en situation de dette nette».

S’il disposait au 31 mars dernier d’une trésorerie brute de 130 millions d’euros, Soitec est en effet passé en un an d’une situation de trésorerie nette de 96 millions à un endettement net de 66,6 millions, relèvent les analystes de Natixis. Ceci résulte «de la hausse des investissements industriels liée à la construction de l’usine solaire de San Diego» qui a ponctionné 250 millions d’euros entre 2010 et 2012, ajoutent-ils. Bien que cette phase d’investissements soit terminée, ils jugent que le besoin en fonds de roulement des projets solaires «consommera encore un peu de trésorerie» en 2013-2014.

En remboursant l’Oceane émise en 2009, dont la conversion est devenue impossible suite à la l’effondrement de son cours de Bourse, Soitec étendra également la maturité de sa dette. L’enjeu est donc élevé pour un groupe qui affiche l’ambition de doubler de taille dans son plan stratégique 2010-2015, tout en renouant avec une marge d’exploitation courante positive à l’échéance de ce plan.

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