Sodexo s’en tient à la prudence face à une croissance européenne en berne
Sodexo continue de dénicher aux quatre coins de la planète les sources d’une solide croissance de son activité. Au titre du premier semestre de son exercice, au 29 février, le géant mondial de la restauration collective a publié hier une progression de 9,7% de son chiffre d’affaires à 9,07 milliards d’euros. Mieux, la croissance organique a atteint 6,4%, 1,8 point de mieux qu’un an auparavant.
Le directeur général Michel Landel n’a pas manqué de saluer cette progression «dans un environnement économique difficile», le dirigeant mettant en lumière la signature de «contrats prestigieux» à l’image de celui octroyé par Unilever dans quinze pays européens (sur 70 sites, pour des facturations annuelles de 90 millions d’euros sur cinq ans). Le Vieux Continent pourtant n’a pas brillé pour Sodexo sur le semestre écoulé (32% des ventes totales hors solutions de motivation), avec une croissance organique de 2%. Le groupe a pâti d’une stagnation (-0,1%), du segment de l’éducation, notamment sous le coup de la reprise en gestion directe des écoles par la ville de Nice. La croissance interne en restauration en Amérique du Nord (38% des ventes du groupe) s’est elle aussi, à 4,8%, révélée être un frein sur le semestre.
Ce sont donc bien à nouveau les marchés émergents qui ont permis au groupe de respecter ses objectifs. Particulièrement sur le terrain des titres-repas et autres «solutions de motivation», sur lequel Sodexo a engrangé une croissance interne de 11,5% (337 millions de chiffres d’affaires) grâce à une progression de 18,8% en Amérique latine. La zone a représenté 54% de l’activité du groupe dans le domaine. En restauration et autres «solutions de services sur site», la croissance interne au sein des marchés émergents (1,7 milliard d’euros) s’est élevée à un niveau «excellent» de 18,4%.
La marge opérationnelle (pour un résultat correspondant en hausse de 14,5% à 559 millions d’euros) a progressé de 0,3 point à 6,2% grâce à un ajustement comptable sur les retraites au Royaume-Uni.
Face pourtant à une croissance qui restera «molle» en Europe, Michel Landel «doi(t) rester prudent», le groupe resserrant son objectif de croissance interne pour l’exercice dans une fourchette de 6 à 7%, contre 5 à 8% précédemment (la croissance externe devrait apporter 4 points de croissance supplémentaires). Le dirigeant reste «confiant» pour le moyen terme.
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