Sodexo se renforce au Brésil au prix fort
Sodexo accélère le cap sur les émergents et devient numéro un au Brésil. Le groupe de solutions de services sur site (restauration collective et services aux salariés) et de solutions de motivation (chèques et cartes de services) s’offre le brésilien Puras do Brasil pour une valeur d’entreprise (VE) de 525 millions d’euros. Numéro deux local des solutions de services sur site, Puras do Brasil réalise un chiffre d’affaires annuel de 500 millions d’euros. Soit un ratio d’acquisition d’environ une fois le chiffre d’affaires en valeur d’entreprise, «nettement au-dessus de la valorisation actuelle du secteur», note Natixis.
Sodexo se traite actuellement 0,5 fois son chiffre d’affaires attendu pour 2010-2011. Pour sa part, CM-CIC rappelle que les ratios habituels d’acquisition se situent autour de 0,7 à 0,8 fois le chiffre d’affaires «mais il est vrai que les taux de croissance au Brésil sont élevés».
Conformément à sa stratégie, Sodexo se renforce dans les pays émergents à forts potentiels. Avec cette opération, les Bric représenteront 10% du chiffre d’affaires du groupe contre 3% en 2006. En 2009-2010, la zone reste du monde pesait 15% des ventes et 11% du résultat opérationnel des solutions de services sur site.
Sodexo s’est refusé à dévoiler la rentabilité de Puras do Brasil. Dans l’hypothèse d’une marge d’exploitation d’environ 5% – Sodexo a dégagé en 2009-2010 une marge de 5,1% – le ratio valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation ressortirait à 21, «ce qui peut sembler plutôt cher, souligne Kepler. Néanmoins, il pourrait y avoir quelques synergies».
Le financement de cette acquisition représente moins d’une année d’autofinancement. Sur une base pro forma en tenant compte de ce rachat, le ratio d’endettement financier sur capitaux propres de Sodexo serait de 46% fin février 2011, contre 26% publié. «Sans tenir compte du cash-flow supplémentaire et en considérant 525 millions d’euros de dette additionnelle, le ratio ajusté de cash-flow opérationnel (FFO) sur dette nette serait proche de 40% contre 50% actuellement, soit un niveau qui reste toujours au-delà de 35%, niveau minimum requis par S&P pour maintenir la notation à ‘BBB+’», rappelle l’analyse crédit de Natixis. En revanche, cette acquisition pourrait retarder le calendrier des hausses de dividendes, des rachats d’actions, ou d’un retour exceptionnel aux actionnaires, soulignent plusieurs analystes.
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