Siemens et Mitsubishi présenteront une offre commune sur Alstom
Le calendrier s’accélère autour de la reprise d’Alstom. Siemens, que l’Etat français est allé chercher pour contrebalancer l’offre de General Electric (GE), a annoncé officiellement hier s’être allié au japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) pour «étudier une éventuelle offre sur certains actifs» d’Alstom. Les deux partenaires décideront ou non de soumettre une offre au conseil d’administration d’Alstom, au plus tard le 16 juin. Pour sa part, Alstom doit se prononcer avant le 23 juin sur l’offre de GE, après l’avoir déjà adoubée une première fois fin avril.
«Nous pouvons contribuer significativement à une solution de partenariat pour Alstom qui créera de la valeur pour toutes les parties, y compris pour la France», a expliqué Shunishi Miyanaga, PDG de MHI, tandis que le patron de Siemens, Joe Kaeser, évoque une solution de long terme pour Alstom. Une telle alliance permet de proposer un deal «plus digeste pour les actionnaires de Siemens», souligne un analyste de JPMorgan.
Les groupes allemand et japonais pourraient déposer une offre sur les activités de production d’énergie et de réseaux (Grid), pour lesquelles General Electric propose 12,35 milliards d’euros fin avril. Siemens reprendrait les turbines à gaz, tandis que Mitsubishi garderait les turbines à vapeur et les réseaux, selon les rumeurs de marché. Ce partage permettrait notamment de résoudre d’éventuels problèmes de concurrence. Pour d’autres, «cela aboutirait à un dépeçage. Ce n’est pas du tout dans l’esprit du deal et je ne vois pas comment l’Etat pourrait soutenir une offre de ce type», confie une source proche du dossier à Reuters. Ainsi formulée, l’offre ne ressemblerait plus à la création de l’EADS de l'énergie voulu par le gouvernement français même si GE revendrait lui aussi par la suite une partie des actifs d’Alstom (éoliennes, turbines à vapeur...).
Depuis la levée de bouclier du gouvernement français d’avril dernier et la promulgation du décret élargissant le champ des secteurs protégés, les tensions sont retombées. Notamment pour répondre aux inquiétudes de Bercy, le groupe américain s’est engagé à créer 1.000 emplois nets en France sur trois ans en cas de rachat de la branche énergie d’Alstom. Le patron de GE est également prêt à céder son activité de signalisation ferroviaire au groupe français. Dans le futur schéma, Alstom se concentrerait sur la seule activité ferroviaire.
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