SFR rejoue la carte de la convergence entre télécoms et médias. L’opérateur a officialisé ce matin la reprise des différents actifs médias de sa maison-mère Altice. Le groupe va ainsi acheter la participation minoritaire de 49% d’Altice au capital de NextRadioTV, acquise en décembre 2015 dans le cadre de son partenariat stratégique avec Alain Weill, le fondateur du groupe de radios et de télévisions (RMC, BFM, BFM Business) et de presse (01net.com). Le projet de transaction valorise NextRadioTV à une valeur d’entreprise de 741 millions d’euros, soit 7,9 fois l’Ebitda ajusté des synergies et des déficits reportables. La participation est acquise par SFR au même prix que celui payé par Altice.
Par ailleurs, SFR va reprendre Altice Media Group France, qui regroupe plus de 20 titres de presse français, dont Libération, L’Express, L’Expansion, L’Etudiant ou Stratégies. Altice Media Group France opère également la chaîne d’information internationale i24 News. Le projet valorise Altice Media Group France à une valeur d’entreprise de 241 millions d’euros, soit 4,5 fois l’Ebitda ajusté des synergies et des déficits reportables.
Le financement de ces opérations proviendra des ressources propres de SFR et d’un crédit accordé par Altice pour un montant de 100 millions d’euros. Pro forma de ces deux transactions, le levier d’endettement de SFR à fin 2015 passerait de 3,8 à 3,9 fois. BNP Paribas était conseil financier de SFR. Le groupe précise s'être appuyé sur les travaux de valorisation réalisés par Rothschild & Cie (pour Altice Media Group France) et Ricol Lasteyrie (pour NextRadioTV).
La banque britannique voit ses résultats portés par les marchés d’actions. Une nouvelle annonce de programme de rachat de titres et le léger relèvement des objectifs annuels de revenus n'ont pas suffi à convaincre les investisseurs alors que le titre avait progressé sur un an de l'ordre de 47%.
Les deux fonds sont les derniers en lice dans le processus de vente mené par Evercore. Le conseiller en investissement basé à Minneapolis supervise 160 milliards d'euros d'actifs. Une valorisation d'environ 7 milliards de dollars est évoquée.
Le fonds coté cible les fournisseurs stratégiques du Pentagone alors que Washington engage un plan de réarmement massif et de relocalisation industrielle inédit depuis 1945.
Pour l'eurodéputé et secrétaire général du Parti socialiste, « les gouvernements d'Emmanuel Macron auront été les champions du monde de la réunion de crise et les cancres de la planification »