Severstal veut lever un milliard de dollars en cotant sa filiale aurifère

La mise en Bourse de 25 % de Nord Gold augmentera la flexibilité financière du groupe qui souhaite doubler sa production d’or d’ici à 2013
Yves-Marc Le Reour

Contrôlé par l’homme d’affaires Alexeï Mordachov, Severstal entend capitaliser sur la croissance de ses activités aurifères en mettant en Bourse, à Londres, 25% du capital de Nord Gold (ex-Severstal Gold) qu’il possède à 100% à travers son véhicule d’investissement Lybica Holding. Dirigée par Morgan Stanley, Credit Suisse et Troika Dialog, cette introduction en Bourse comprendra «l’émission d’actions ordinaires nouvelles et existantes», a précisé hier le sidérurgiste russe en lançant le pré-marketing de cette opération.

Bien qu’aucune indication officielle n’ait été donnée sur la taille de l’offre, celle-ci serait d’un milliard de dollars (750 millions d’euros) au minimum, selon Bloomberg qui se fonde sur des sources proches du dossier. Cela en ferait la plus importante introduction sur le marché londonien depuis celle de Vallar, le fonds minier de Nathaniel Rothschild, qui avait levé un milliard de dollars en juillet dernier. Le prix définitif de l’offre devrait être fixé le 7 février prochain.

En cas de succès, une option de surallocation d’au maximum 15% de l’offre pourrait être accordée. Nikolai Zelenski, directeur général de Nord Gold, a précisé que le produit de l’offre servirait «à rembourser les prêts accordés à Nord Gold par sa maison mère» ainsi qu’à «financer la stratégie de croissance de Nord Gold». La maison mère récolterait au moins 750 millions de dollars, le reste revenant à Nord Gold qui bénéficiera ainsi d’une marge de manœuvre supplémentaire pour «développer ses activités d’exploration et procéder à des acquisitions potentielles». Le groupe ambitionne un volume de production d’or de plus d’un million d’onces en 2013 contre 589.000 onces l’an dernier.

Severstal a investi depuis 2007 environ 1,3 milliard de dollars dans des mines d’or en Russie, en Afrique occidentale et au Kazakhstan. Plus de la moitié de ses gisements et de sa production provient à l’heure actuelle d’activités non domestiques. Si Nord Gold représente moins de 5% d’un chiffre d’affaires consolidé qui devrait être légèrement inférieur à 16 milliards en 2010, la rentabilité de cette division est particulièrement élevée avec une marge brute de 52% au premier semestre 2010. L’excédent brut d’exploitation (EBE) de la filiale aurifère devrait dépasser les 300 millions d’euros pour l’ensemble de l’année, soit 10% de l’EBE du sidérurgiste russe.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...