Seat Pagine Gialle prépare le marché à une nouvelle renégociation de dette
Le conseil d’administration de Seat Pagine Gialle (SPG), nommé en octobre dernier à la suite de la restructuration financière du groupe d’annuaires italien, n’est manifestement pas à l’aise avec les perspectives établies par la précédente direction. Il a donc décidé de suspendre le paiement du coupon semestriel afférent à ses obligations garanties de premier rang, qui devait être versé le 31 janvier prochain. Toute décision relative au paiement de ce coupon, qui s’élève à 42,2 millions d’euros, sera prise «à l’issue de la revue financière approfondie lancée sous l’égide du nouveau directeur général Guido de Vivo».
Le groupe entend tester «la validité du plan stratégique pour la période 2011-2013 et ses objectifs à l’horizon 2015», compte tenu de la dégradation de l’environnement économique constatée depuis l’été dernier. Ceci s’est traduit par une contraction de 14% du marché publicitaire italien au cours des 11 premiers mois de l’année écoulée, selon les chiffres du cabinet Nielsen. La nouvelle direction de SPG veut donc s’assurer que l’endettement du groupe et celui de sa principale filiale transalpine «sont compatibles avec le niveau des fonds propres». La dette nette s'élevait à 1,33 milliard d’euros au 31 décembre 2012, dont 60% d’origine obligataire et le reste provenant en quasi-totalité de crédits bancaires.
«Il semble que Seat Pagine cherche à renégocier sa dette à nouveau, bien que la liquidité soit suffisante pour couvrir les engagements 2013 et 2014», estiment les analystes crédit d’Aurel ETC Pollak. Le bureau d’analyse d’Intermonte met de son côté l’accent sur «le niveau encore élevé de la dette du groupe qui représente après restructuration 3,8 fois son excédent brut d’exploitation», avec un risque de détérioration supplémentaire en raison de la crise de la publicité en Italie.
Le conseil se réunira «au plus tard le 6 février», date à laquelle le groupe doit payer 6,3 millions d’intérêts sur sa dette bancaire; il communiquera à cette occasion au marché les décisions prises. Bien que l’entreprise ait précisé qu’elle pouvait honorer ses prochaines échéances, cette suspension de paiement inattendue a fait chuter hier de 31% le prix de ses obligations seniors de maturité 2017, à moins de 40% de leur valeur nominale, tandis que l’action a terminé en recul de 41,5% à 0,0031 euro à Milan.
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