Schneider subit de plein fouet l’impact d’une croissance européenne en berne
L’Europe de l’Ouest est à l’arrêt», a regretté hier le directeur financier de Schneider Electric, Emmanuel Babeau. La croissance organique nulle des ventes du spécialiste français des équipements électriques sur cette zone au troisième trimestre (31% des ventes du groupe) a contribué à l’avertissement lancé par le groupe pour les prochains mois. En l’occurrence, Schneider a de nouveau revu en baisse, d’un point à 14% environ, sa prévision de marge opérationnelle pour 2011 (Ebita, avant coûts d’acquisition et d’intégration et impact de consolidation des acquisitions réalisées en 2011). Une révision sèchement sanctionnée en Bourse. Le titre a abandonné en clôture 7,61% à 41,22 euros.
Pourtant, à 5,7 milliards d’euros au troisième trimestre, le chiffre d’affaires de Schneider a affiché une croissance organique de quelque 7,7%. L’atonie en Europe n’est ainsi qu’une des causes de la prudence du groupe, en dépit du respect attendu des objectifs de hausse de tarifs et de «forts gains de productivité». Précisément, Schneider ampute sa précédente estimation d’Ebita de 0,5 à 0,7 point du fait de cette évolution défavorable du mix géographique associée à une évolution négative également du mix produits et à une pression inflationniste plus forte que prévu dans les marchés émergents. Le groupe va en outre, «compte tenu de la visibilité réduite des perspectives économiques à court terme», «accélérer ses efforts de restructuration», notamment en Espagne ou en Egypte. Les charges correspondantes pénaliseront la marge opérationnelle annuelle à hauteur de 0,2 à 0,4 point.
Fort d’une croissance organique de 9,3% sur neuf mois (+3% en Europe de l’Ouest), le groupe entend bien respecter «aisément» son objectif d’une hausse sur 2011 de 6 à 9% de son chiffre d’affaires. Le troisième trimestre reste en effet «très bon» selon Natixis, qui regrette une «publication gâchée par l’objectif de marge». CM-CIC Securities de son côté met en avant des ventes «encore robustes» grâce aux marchés émergents, Chine et Inde en tête. Les «nouvelles économies», comme les dénomme le groupe, ont ainsi pour la première fois représenté plus de 40% du chiffre d’affaires au trimestre écoulé.
Au-delà de l’exercice en cours, Schneider affirme «se mobiliser», mais la présentation du plan stratégique 2012-2014 est annoncée pour le premier trimestre 2012 seulement.
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