Sara Lee se scinde en deux pour faciliter son rachat

N’ayant pas trouvé de repreneur en mesure de mobiliser 11 milliards de dollars, le groupe américain sépare ses aliments solides et ses boissons
Olivier Pinaud

Mêlant encore au début des années 2000 des activités aussi diverses que les sacs à mains Coach ou les cirages Kiwi, Sara Lee parachève la cure de transformation entamée il y a six ans. Le groupe américain, réputé aux Etats-Unis pour ses hot dogs, mais plus connu en Europe pour ses boissons Maison du Café et Senseo, a décidé de scinder ses activités.

D’un côté, les aliments solides (charcuteries, desserts…) pour le marché nord-américain. Cette division conservera la marque Sara Lee. Elle aurait réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 4,1 milliards de dollars. De l’autre côté, le groupe placera ses boissons et ses activités internationales (4,6 milliards de dollars de revenus) dans une société dont le nom n’a pas encore été arrêté.

La scission, qui devrait être achevée début 2012, sera précédée par la distribution d’un dividende exceptionnel de 3 dollars par action (1,92 milliard au total) financé par la vente annoncée des pâtisseries fraîches aux Etats-unis. Ce montant représente un rendement de 17% par rapport au cours de Bourse avant l’annonce de la scission.

Pour James Crown, le président de Sara Lee, cette séparation est la suite logique du processus de vente d’actifs entamé il y a six ans, avec notamment la cession l’an dernier de la division produits d’hygiène à Unilever pour 1,2 milliard d’euros. Cette scission marque surtout l’échec des négociations en vue d’une vente totale de Sara Lee. Ni le groupe brésilien JBS, ni le consortium mené par le fonds d’investissement Apollo Management, n’ont déposé d’offre sur un groupe à la capitalisation boursière de 11 milliards de dollars.

Alors que Sara Lee vient d’essuyer deux années consécutives de baisse de son chiffre d’affaires, «nous pensons que la scission, et le dividende exceptionnel, offrent le plus grand potentiel de création de valeur à long terme. Les deux sociétés auront leur propre stratégie de croissance, leur propre marché, ce qui intéressera une base d’actionnaires plus concentrée», explique James Crown. Autonome, chaque société pourrait ainsi faire figure de proie plus tentante et plus accessible pour des repreneurs potentiels. Intéressé surtout par les aliments solides, le groupe de viande brésilien JBS pourrait retrouver de l’appétit pour un Sara Lee plus concentré et moins onéreux. Le brésilien avait en effet échoué à trouver un financement suffisant pour s’offrir l’intégralité du groupe.

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