Sanofi soigne ses actionnaires en relevant son taux de distribution à 50%
Prudemment, Sanofi (-3,99% à 66,60 euros) prévoit un bénéfice net par action 2013 entre stable et -5% à changes constants. «Nous tablions sur un manque de 1,4 milliard d’euros de résultat net en 2012 et de 700 millions en 2013 avec la perte d’exclusivité de Plavix, explique Jérôme Contamine, directeur financier de Sanofi. Or nous avons perdu 1,3 milliard l’an dernier, ce qui nous conduit pour cette année à un impact négatif de 800 millions, plus fort que prévu, soit un effet négatif de 1 point de pourcentage sur nos prévisions 2013.»
Sanofi escompte une hausse moyenne annuelle d’au moins 5% de son chiffre d’affaires sur 2012-2015 (+0,5% en 2012). L’an dernier, les plates-formes de croissance ont pesé 67,4% (+5,7 points en un an) des ventes en hausse de 9,9%. Mais la santé animale progresse de seulement 3,1%. «Pour l’instant, nous constatons que Frontline, bien qu’ayant perdu son brevet, continue à bien se défendre, mais nous tablons toujours sur une croissance moyenne annuelle de 5%, poursuit Jérôme Contamine. Nous travaillons sur une nouvelle génération de produits, qui devrait soutenir les ventes dès 2014.»
Conséquence de la falaise des brevets, la marge opérationnelle du groupe a chuté de 36,4% à 32,5% en 2012. «Nous ne reviendrons pas au niveau de marge antérieur, qui intégrait la contribution financière de Plavix dont les ventes n’étaient pas consolidées, poursuit Jérôme Contamine. Notre rentabilité progressera régulièrement d’ici à 2015, essentiellement tirée par la croissance des ventes, alors que les coûts fixes devraient rester stables. En revanche, pour la première fois depuis 2008, la marge brute progressera en 2013, grâce à nos efforts de productivité».
Du côté des acquisitions, «de petites tailles, nous regardons la santé grand public et la santé animale, ajoute Jérôme Contamine. Mais nous sommes vigilants à la création de valeur et l’année dernière nous avons renoncé à Amylin, dans le diabète, entre autres en raison du prix». BMS avait payé 5,3 milliards de dollars.
Bien que la dette du groupe ait reculé de 3,5 milliards d’euros à 7,4 milliards fin 2012, Sanofi se fixe un objectif de dette moyenne autour de 10 milliards, ce qui lui laisse une marge de manœuvre. «Nous allons soigner nos actionnaires, notamment en relevant notre taux de distribution de 45% en 2012 à 50% en 2013, et en procédant à des rachats d’actions de façon opportuniste», conclut Jérôme Contamine.
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