Saint-Gobain privilégiera la croissance interne et les pays émergents d’ici à 2015

Un important levier opérationnel et financier devrait conduire à une progression annuelle de 22 % du résultat net courant sur la période
Yves-Marc Le Réour
Photo Bloomberg
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Présentant hier aux investisseurs sa stratégie à l’horizon 2015, Saint-Gobain s’est attaché à démontrer qu’une croissance soutenue de son activité sera compatible avec une rentabilité supérieure. Le groupe table sur «un redémarrage progressif de la construction neuve» d’ici à 2015 en Europe occidentale, accompagné d’une hausse plus soutenue de la rénovation compte tenu de l’adaptation nécessaire du parc immobilier vieillissant. Aux Etats-Unis, la construction résidentielle devrait être revenue dans cinq ans «au niveau moyen de la période 1997-2007».

Mais ce sont les pays émergents, avec 10% de croissance interne contre 5% dans les pays développés, qui tireront l’activité du groupe. Le chiffre d’affaires consolidé (hors pôle conditionnement) atteindrait 55 milliards d’euros en 2015, soit une progression annuelle moyenne de 9% dont les deux tiers dus à la croissance interne stimulée par l’innovation ; un quart des ventes du groupe devrait provenir de produits nouveaux dans 5 ans.

Le groupe entend conserver «au moins 50 % des économies de coûts réalisées», ce qui devrait lui permettre d’atteindre un résultat d’exploitation de 5,5 milliards en 2015, soit une progression annuelle moyenne de 17% par rapport à 2010; la marge d’exploitation serait alors de 10% contre 7,4% estimée cette année. Tout comme le résultat net, le bénéfice net courant par action devrait augmenter de 22% grâce à une stabilisation du nombre de titres «à un niveau proche de celui d’aujourd’hui» et au renforcement de sa structure de bilan qui diminuera sa charge d’intérêt.

Malgré la hausse des investissements industriels dirigés en priorité vers les zones émergentes, la génération d’un cash flow libre annuel d’environ 1,5 milliard n’empêchera pas le groupe de rester strict sur le retour des capitaux engagés, avec un ROCE prévu entre 14 et 15%, deux fois plus élevé qu’en 2009. La croissance externe visera «des acquisitions de proximité et de consolidation dans la ‘distribution bâtiment’ et les ‘produits pour la construction’».

Enfin, la remontée attendue de sa note de crédit à BBB+ contre BBB actuellement, permettra à Saint-Gobain de pratiquer «une politique claire de retour à l’actionnaire», avec un taux de distribution du dividende normalisé compris entre «35 à 40% du résultat net courant», payé en espèce uniquement.

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