Safran et Thales nouent finalement dans l’optronique un accord a minima
Safran et Thales ont levé le voile sur un projet de création d’une coentreprise à parts égales dans l’optronique, bien en deçà du schéma d'échange d’actifs envisagé dans les discussions menées depuis près de deux ans sous la pression de l’Etat, leur actionnaire commun. Les deux équipementiers avaient repris au printemps leurs discussions, interrompues à la mi-2010, l’Etat cherchant à réduire les doublons dans un secteur de la défense en pleine période de disette budgétaire.
L’accord signé hier par Jean-Paul Herteman et Luc Vigneron, PDG respectifs de Safran et Thales, en présence du ministre de la défense Gérard Longuet, reprend les grandes lignes évoquées la semaine dernière par plusieurs sources. «Toutes les hypothèses ont été examinées, y compris les plus vastes et les plus ambitieuses», a indiqué Gérard Longuet.
Safran et Thales allient ainsi leurs activités dans l’optronique, technologie mêlant électronique et optique, pour laquelle leur chiffre d’affaires annuel combiné dépasse 1,2 milliard d’euros dans une coentreprise à but purement technique et commercial. Les deux groupes ont préféré conserver leurs usines, la perspective d’un échange d’actifs et ses éventuelles conséquences sur l’emploi ayant suscité un mouvement de grogne au sein des salariés de Safran.
Jean-Paul Herteman a confirmé que la coentreprise se rapprocherait du modèle de CFM International. Cette coentreprise entre Safran et General Electric produit les moteurs CFM56 et Leap qui équipent bon nombre d’avions d’Airbus et Boeing. «C’est pragmatique. Il fallait avancer et (...) s’adresser à l’essentiel. On n’est pas dans une logique d’urgence de restructuration industrielle», a souligné le dirigeant.
Luc Vigneron a de son côté mis en avant le renforcement des deux groupes à l’exportation. «Il est important, dans un contexte de concurrence exacerbée que ‘l'équipe de France’ puisse chaque fois que possible présenter un front uni», a-t-il dit. L’annonce est toutefois très loin du périmètre discuté depuis de longs mois entre Safran et Thales qui comprenait également la navigation inertielle et la génération électrique. Les deux groupes disent certes vouloir renforcer leur filiale de détecteurs à infrarouge Sofradir, dont ils possèdent 40% chacun. Des sources industrielles ont déclaré à Reuters qu’ils espéraient racheter conjointement les 20% détenus par Areva.
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