SABMiller prend une participation stratégique de 24% dans Anadolu Efes

Le brasseur britannique prévoit de transférer auparavant au groupe turc ses actifs en Russie et en Ukraine, valorisés 1,9 milliard de dollars
Yves-Marc Le Reour

Un mois après avoir conclu le rachat de l’australien Foster’s, SABMiller a annoncé hier une réorganisation majeure de ses activités en Europe orientale dans le cadre d’un accord stratégique noué avec le brasseur turc Anadolu Efes, coté à Istanbul. Le groupe britannique, conseillé par Nomura, transférera à son partenaire l’ensemble de ses activités en Russie et en Ukraine. Celles-ci représentent 1,9 milliard de dollars (1,38 milliard d’euros) en valeur d’entreprise, soit 2,8 fois leur chiffre d’affaires de l’exercice écoulé.

Anadolu Efes, conseillé par Rothschild, «procédera ensuite à une augmentation de capital réservée permettant à SABMiller de prendre une participation de 24% dans l’entité élargie», alors que le conglomérat turc Anadolu Group, sa maison-mère, restera son premier actionnaire avec 42,8% du capital. L’accord prévoit la représentation de SABMiller au conseil d’administration d’Anadolu Efes et à celui de la filiale russe, avec un droit de préemption réciproque en cas de cession d’actions de la société turque.

A l’issue de la transaction normalement bouclée d’ici fin 2011, Anadolu Efes deviendra le véhicule d’investissement des deux groupes en Russie, en Turquie, en Asie centrale, au Moyen-Orient et dans la Communauté des Etats Indépendants. Ceux-ci pourront également «distribuer leurs marques internationales dans d’autres zones géographiques, sous réserve d’une absence de préjudice par rapport aux arrangements contractuels existants». En Russie, où l’entité élargie occupera la deuxième position derrière Carlsberg, ce rapprochement devrait générer des synergies de coûts annuelles d’au moins 120 millions de dollars et avoir un effet relutif pour chacun des deux groupes dès le premier exercice suivant la réalisation de l’opération.

Cet accord est positif car «il accroît l’exposition relative de SABMiller dans les pays émergents», constate Trevor Stirling, analyste chez Sanford Bernstein. L’accord a d’autre part éclipsé l’annonce par SABMiller d’une croissance organique de 3% des volumes de bière vendus entre avril et septembre 2011, en dessous du consensus qui tablait sur +3,8%. Si les marchés africains et latino-américains sont restés dynamiques, le brasseur fait état d’une faiblesse persistante «en Amérique du Nord et en Europe» et de «conditions météorologiques particulièrement défavorables en Europe et en Chine» au cours de l’été.

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