Ryanair montre patte blanche pour convaincre Bruxelles d’autoriser le rachat d’Aer Lingus
Ryanair est prêt à collaborer avec les autorités. La compagnie aérienne irlandaise indique avoir adressé à la Commission européenne une série de «remèdes radicaux sans précédent» censés permettre, selon elle, de lever les doutes concernant les conséquences potentielles sur la concurrence que pourrait engendrer son projet de rachat d’Aer Lingus, dont il détient déjà 29,82% du capital. Selon le schéma proposé, «de multiples groupes s’engageraient à ouvrir de nouvelles bases en Irlande et à entrer sur toutes les liaisons Ryanair/Aer Lingus entre l’Irlande et la Grande-Bretagne qui ne seraient pas desservies par d’autres concurrents importants», a expliqué hier la compagnie.
Après une enquête préliminaire, la Commission européenne a décidé fin août de lancer un processus d’examen approfondi dit de phase 2, rappelant que Ryanair et Aer Lingus sont «les principaux opérateurs exploitant des liaisons à partir de l’aéroport de Dublin» et que «les barrières à l’entrée semblent importantes». Bruxelles devrait rendre sa décision d’ici au 14 janvier 2013.
Ryanair en est à sa troisième offre de rachat sur Aer Lingus depuis 2007. La première avait été interdite par la Commission européenne, et la deuxième, en 2009, avait été retirée par Ryanair. Michael O’Leary, le bouillonnant directeur général de Ryanair, a rappelé hier que «la consolidation est essentielle pour rendre les compagnies aériennes européennes plus compétitives» et qu’Aer Lingus serait menacé de démantèlement en cas d'échec de la fusion.
Un avis qui ne semble pas trouver d’écho à Bruxelles. La Commission européenne avait jugé cet été la compagnie aérienne bien plus solide qu’elle ne l'était à l'époque des précédentes offres et que les motifs pour bloquer son OPA n’en sont donc que plus pertinents.
Les résultats semestriels dévoilés hier par Ryanair vont plutôt dans le sens de la Commission europénne. Le bénéfice net de Ryanair a progressé de 10%, à 596 millions d’euros, grâce à une hausse des tarifs et à un repli des prix du kérosène. Le groupe a même relevé ses prévisions de bénéfice annuel, à fin mars, en tablant sur une fourchette comprise entre 490 et 520 millions d’euros, contre une précédente estimation comprise entre 400 et 440 millions d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
Jerome Powell a su rester droit dans les tempêtes
Son mandat de président de la Fed se termine ce vendredi 15 mai. Il aura fait l’objet de critiques sur son biais plus «accommodant» en 2021. Des critiques cependant plus faciles a posteriori au vu de la complexité des chocs exceptionnels auxquels il a été confronté depuis 2020. Et que le banquier central a réussi à piloter en évitant les récessions. -
L’IA américaine se militarise
Le Pentagone a signé des accords avec huit géants de la tech pour utiliser leurs modèles d'intelligence artificielle à des fins militaires. La mise au service de l'IA pour la guerre n’est plus un tabou pour les firmes de la Silicon Valley. -
Alphabet et Amazon se financent aux alpine bonds
Après Alphabet, Amazon vient de boucler sa première émission en franc suisse. C'est un marché très domestique, en croissance, offrant une bonne liquidité, une diversification et de faibles coûts de financement.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Royaume-Uni : potentiel concurrent de Keir Starmer, le ministre de la Santé démissionne
Wes Streeting, qui pourrait devenir un concurrent de Keir Starmer à la direction du Labour pour pouvoir ravir Downing Street, a annoncé sa démission du gouvernement, jeudi 14 mai -
Hantavirus : les 26 Français cas contacts ont été testés négatifs
Dans le détail, les 26 personnes se composent de quatre passagers du MV Hondius et de 22 cas contacts de la passagère néerlandaise du paquebot, décédée des suites d’une infection. Reste une Française de plus de 65 ans, positive au virus, qui est toujours en réanimation -
Présidence de la Fed : la nomination de Kevin Warsh approuvée par le Sénat américain
Il ne reste plus à Kevin Warsh, candidat de Donald Trump, que de prêter serment avant de prendre ses fonctions pour un mandat de quatre ans. Il devrait présider sa première réunion de politique monétaire les 16 et 17 juin