Ryanair fait assaut de prudence après la publication de résultats annuels records

La hausse du prix du billet ne pourra pas cette fois compenser celle du carburant pour l’exercice clos au 31 mars prochain
Benoît Menou

Dès la publication hier de résultats annuels inédits, Ryanair a tenu à détailler les vents contraires auxquels elle doit faire face afin de justifier sa crainte de voir le résultat annuel de l’exercice en cours chuter de 13 à 20%. La compagnie aérienne irlandaise estime avant tout qu’elle ne sera pas capable, contrairement à ce qui s’est passé sur l’exercice écoulé, d’imposer des hausses de prix moyen du billet supérieures à la progression du coût du carburant.

Sur l’année fiscale close au 31 mars dernier, Ryanair est parvenue à enregistrer un nombre de passagers en progression de 5% à 75,8 millions. Le groupe vise un taux comparable de progression sur l’exercice en cours, sur fond notamment de nouvelles faillites de concurrents. Mais Ryanair concède n’avoir «aucune visibilité» sur les tarifs qu’elle sera en mesure de pratiquer, particulièrement pour la saison hivernale, tant le moral du consommateur risque d’être fragilisé par des perspectives économiques moroses. «Avec tant d’austérité, vous ne pouvez pas espérer augmenter les prix des billets indéfiniment», a admis le directeur financier Howard Millar.

Les performances financières passées seront dès lors «difficiles à répéter». Sur douze mois à fin mars 2012, le groupe irlandais a publié une hausse de 19% de son chiffre d’affaires à 4,325 milliards d’euros et une progression de 25% de son résultat net à 503 millions d’euros (contre une prévision de 480 millions formulée en janvier) grâce à un «contrôle agressif des coûts».

Pour l’exercice 2012-2013, le transporteur mise sur un bénéfice net de 400 à 440 millions d’euros. Si Ryanair se targue d’avoir couvert à 90% ses besoins annuels en carburant à un niveau «significativement inférieur» aux cours actuels, le groupe reconnaît que cette couverture correspond à une hausse annuelle des coûts de quelque 22% et entraînera une hausse de la facture carburant voisine de 320 millions d’euros. Un analyste rappelle que Ryanair est coutumier du fait d’afficher des ambitions conservatrices en début d’exercice pour les relever par la suite.

En dépit d’une trésorerie disponible de 3,5 milliards d’euros, le directeur général de Ryanair Micheal O’Leary exclut de participer à la privatisation de concurrents mais se dit ouvert à une part minoritaire au capital de l’aéroport de Stansted (Londres) mis en vente par BAA en échange de garanties sur les commissions.

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