Rubis n’entend pas sacrifier ses ratios dans le cadre de sa croissance externe
Spécialisé dans le stockage de produits liquides industriels et la distribution d’hydrocarbures, Rubis passe à la vitesse supérieure en matière de croissance externe. Après des opérations de petite taille récemment annoncées en Afrique du Sud, en Suisse et en Espagne, il va racheter les activités de distribution pétrolière de Chevron dans 13 pays de la zone Caraïbes pour 300 millions de dollars (220 millions d’euros), dont 75 millions de reprise des BFR. Le prix d’acquisition correspond à un multiple inférieur à 11 fois le bénéfice net des activités acquises sur la base des comptes 2009, ce qui correspond à « la fourchette haute des ratios habituels compris entre 10 et 11 fois », estiment les analystes de Gilbert-Dupont.
Représentant «une activité en volume de près de 1,2 million de m3, soit 4 fois la présence actuelle de Rubis dans la région», cette acquisition apportera à Rubis un chiffre d’affaires de 445 millions d’euros, soit environ un tiers du chiffre d’affaires consolidé attendu pour 2010. L’opération, qui devrait être bouclée au cours de l’été prochain après approbation des autorités de la concurrence, «ne prévoit pas de complément de prix à venir ni d’engagement de rachat de passif».
Les investissements industriels et financiers engagés cette année s’élèvent donc à 400 millions d’euros après cette opération. Leur financement est assuré «par les lignes de crédit confirmées (240 millions), le recours à la ligne en capital (60 millions) et la capacité de financement de l’exercice», souligne Rubis. Mais pour être en mesure de saisir de nouvelles opportunités d’expansion sans compromettre sa structure de bilan, il souhaite lancer «si possible avant fin 2010» une augmentation de capital correspondant à un tiers des investissements totaux (soit 135 millions).
Les analystes d’Oddo Securities estiment à 2% l’effet relutif de l’acquisition des activités de Chevron sur le bénéfice net par action de Rubis pour 2011, tandis qu’on anticipe chez Gilbert Dupont une relution de 5,5% à l’horizon 2012. Ce bureau de recherche ajoute que l’appel au marché prévu permettra au groupe de maintenir «un ratio de dette nette sur fonds propres inférieur à 40% l’an prochain contre 72% hors réalisation de l’augmentation de capital».
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